ACTE DEUXIEME
cependant à vous engager de la façon la plus pressante à dire la vérité. Je vous préviens qu'un mensonge de votre part pourrait m'obliger à Yous accJii&£r de£Oniplicité avec votre -Qiafi dans le crime qui lui est reproché et à faire procéder à votre arrestation immédiate.
YANETTA.
Je n'ai pas peur. Je ne puis être complice de mon mari puisque mon mari n'est pas coupable.
MOUZON
Ce n'est pas mon opinion. J'ajoute ceci : ma conviction est que vous savez sur cette affaire beaucoup plus de choses que vous n'en voulez dire à la justice.
YANETTA.
Moi I Mais c'est une infamie...
MOUZON
Allons ! allons ! pas de cris. Je ne dis pas que vous ayez pris une part directe à l'assassinat. Je dis qu'il est fort probable que vous l'avez connu, peut-être conseillé, et que vous en avez profité. Cela suffit pour vous conduire sur les bancs de la cour d'assises à coté de votre mari. De la sincérité des réponses que vous allez me faire dépendra ma^ conduite à votre dg'ard, et scjon que vous m'aurez menti ou non, je Tous ferai mettre en état d'arrestation ou je vous laisserai en liberté. Vous ne direz pas que je ne vous ai pas prévenue ? Veuillez, main- /
tenant, me faire savoir si vous persistez dans votro première déclaration par laquelle vous afllrmiez quj Elcliepare a passé chez lui la nuit qui a suivi la fête de l'Ascension.
YANETTA.
Je persiste.
MOUZON
Eh bien I c'est faux !
YANETTA, exaltée.
La nuit où le père Goyetche a été assassiné, mon mar n'est pas sorti de chez nous.
MOUZON
Je vous dis que c'est faux.
YANETTA, de même.
La nuit où le père Goyetche a été assassiné, mon mari n'est pas sorti de la maison.
MOUZON
Vous êtes butée, vous répéterez toujours la même chose.
YANETTA.
Oui, je répéterai toujours la même chose.
^MOUZON
Nous allons donc examiner la valeur de votre témoignage. Depuis votre mariage, — dix ans, — votre conduite n'a rien laissé à désirer. Vous êtes économe, fidèle, travailleuse, probe...
YANETTA.
Alors?
MOUZON
Attendez. Vous avez deux enfants que vous adorez. Vous êtes une excellente mère. On cite même des traits presque héroïques de dévouement lors de la maladie de votre fils aîné... Georges, je crois...
YANETTA.
Oui, Georges... Mais quel rapport cela a-t-ilavec l'accusation portée contre mon mari ?
MOUZON
Prenez patience. Vous allez le voir.
YANETTA.
Voyons.
MOUZON
Vous avez d'autant plus de mérite à être ce que vous