ACTE DEUXIEME
êtes que votre mari, lui ne donne pas l'exemple des mêmes vertus. 11 se grise quelquefois.
YANETTA.
Non.
MOUZON
Allons... c'est de notoriété publique. Il est brutal.
Il n'est pas brutal.
MOUZON
C'est tellement vrai qu'il a été condamné quatre fois pour coups et blessures.
YANETTA.
C'est possible : les soirs de fêtes, il y a des disputes. j\ Et puis il y a longtemps de cela. Maintenant, il est ij devenu meilleur et je suis très heureuse avec lui. .y^^
MOUZON
Cela m'étonne...
YANETTA.
Dans tous les cas, est-ce que cela prouve qu'il ait assassiné le père Goyetche?
MOUZON
Votre mari est très avare.
YANETTA.
Les pauvres sont forcés d'être avares ou de crever de ! fairn.
MOUZON
Vous le défendez bien.
YANETTA.
Est-ce que vous pensiez que j'allais l'accuser?
MOUZON
Vous n'avez jamais été condamnée ?
YANETTA, Iroublée.
Moi ?
MOUZON
Oui, vous.
YANETTA, sans fOTCe.
Non, je n'ai jamais été condamnée.
MOUZON
C'est bizarre. II y a cependant une fille de votre nom qui a fait, à Paris, un mois de prison pour recel.
YANETTA, SUHS fOVCe.
Pour recel...
MOUZON
Vous avez moins d'assurance, maintenant. Vous êtes troublée...
YANETTA, de même.
Non... non...
MOUZON
Vous êtes toute pâle, vous tremblez... vous allez vous trouver mal... Avancez-lui une chaise, Benoît. [Le greffier obéit.) Remettez-vous...
YANETTA.
Mon Dieu! vous savez celai
MOUZON
Voici le texte des renseignements qui m'ont été transiij ^fr>^ mis : « La fille Yanetta X.'- a Pt<5-araenée à ParisAi^àge de seize ans en qualité de demoiselle jie,.çorapagnie o^ de femme de chambre par la famille M..., où elle avait été placée en cette qualité à Saint- Jean-de-Luz ». C'est exact?
YANETTA.
Oui. cc»4*>^
MOUZON. 1\.\r l/-Kt«!l^
Je continue. <l Des relations ne tardèrent pas à s'établir w entre la fille Yanetta et le fils M.... âgé de vingt-trois ans. Deux ans plus tard, les amoureux prirent la fuite, emportant huit mille francs que le jeune M... avait dérobés à son père. Sur la plainte de celui-ci, la fille Yanetta fut