ACTE DEUXIEME
tence de cette dette. Il est allé à Irissarry... Vous ne me croyez pas?
Si, monsieur, mais il n'a pas assassiné un homme pour de l'argent; ça, c'est faux, c'est faux, c'est faux!
MOUZON
C'est faux ! Comment voulez-vous que je m'y reconnaisse? Votre mari commence par nier tout, aveuglément, puis il me présente successivement deux systèmes de défense. Vous-même vous débutez par un faux témoignage. Tout cela, je vous le répète, l'écrase.
YANETTA.
Je ne sais pas, mais ce que je vous répéterai toujours, c'est qu'il n'a pas assassiné un homme pour de l'argent.
MOUZON
Alors, quoi?... Peut-être après tout, n'est-il pas aussi coupable que je l'imaginais tout à l'heure. P^ut-être a-tJL agi sans préméditation. Voilà ce qui a pu se passer. Etchepare, un peu gris, se rend chez le père Goyetche pour lui demander de nouveau d'attendre le paiement de sa dette. Une discussion s'élève entre les deux hommes, le père Goyetche était encore très vigoureux; il a pu y avoir, de sa part, provocation, et une lutte a pu s'engager, avec la fin tragique que vous savez. Dans ce cas, la situation de votre mari change du tout au tout. Il n'est plus le criminel préparant son forfait : et la peine prononcée contre lui peut être des plus légères. Vous voyez donc, madame, Tint' rèt qu'il y a pour vous à obtenir de lui des aveux complets. S'il persiste à nier, je redoute pour lui, de la part du jury, la plus grande sévérité. Qu'il ait tué le père Goyetche, cela ne fait aucun doute. Dans quelles conditions l'a-t-il tué? Tout est là. En s'obstinant à vouloir se faire passer pour tout à lait innocent, il risque d'être cru pluscoupable qu'il ne l'est. Vous me comprenez?