SCÈNE PREMIÈRE
VALENTIN SALVIAT, PAULINE, GEORGETTE, LAN- DRECY. Au lever du rideau, Valentin Salviat, Georgette et Pauline sont autour de la table du milieu, couverte de livres de comptes et de papiers. Landrecy, assis un peu à gauche, feuillette un rapport.
PAULINE
Ah!... Nous allons enfin pouvoir te rendre nos comptes...
Hier, tu n'as pas voulu que nous t'en parlions, prétendant que, le jour de ton retour, il ne fallait pas parler de chiffres; aujourd'hui, bon gré, mal gré, tu vas savoir le bien que tu as fait depuis un an, tant à l'usine qu'ici, et quel bienfaiteur tu as été... De quoi nous occupons-nous d'abord?
LANDREGY.
De l'usine.
PAULINE
C'est cela... (A son frère.) Laisse-moi te montrer auparavant notre installation. Cette salle est surtout consacrée aux réunions de toutes les présidentes des œuvres de la ville.
VALENTIN SALVIAT.
Tu as donc renoncé à ton projet de charité individuelle?
PAULINE
J'y ai renoncé, sans y renoncer. Je l'ai élargi... Je t'expliquerai... Dans tous les cas, nous avons réalisé un progrès qui semblait irréalisabl e. Nous avons établi l'union la plus parfaite, la concorde la plus absolue entre toutes les présidentes, quelle que soit la couleur politique ou religieuse de leurs œuvres. C'est un résultat, cela, hein?
VALENTIN SALVIAT.
C'est un résultat.
PAULINE
Nous donnons aussi parfois, dans ce local, des conférences que M. Escaudain, un homme rare et que je te ferai connaître, veut bien faire aux malhe,ureux; ces jours-là, on remplace ces chaises par des bans; nous... je dis : nous, parce que Georgette m'a secondée de la façon la plus active et la plus intelligente.
VALENTIN SALVIAT.
Bravo, mademoiselle... Dites-moi... êtes-vous revenue 4 des sentiments un peu meilleurs à mon sujet?