‹ Théâtre complet (volume 2)Chapitre 294 sur 311 · ACTE TROISIEME · texte numérisé non relu

ACTE TROISIEME

vanité, de maj'épiitation. de mon bonheur, de mon avenir... C'est honteux, je te le répète, c'est honteux ! A tout prix, je voulais éviter l'acquittement que je sentais certain. Et j'ai tellement eu peur de ne pas y réussir, que j'ai employé tous les arguments, les bons et les pires, même celui qui consiste à représenter à ces hommes effarés leurs maisons en flammes, les leurs assassinés. J'ai parlé de la vengence de Dieu sur les juges sans sévérité. Et tout cela de bonne foi... ouplutôtsans conscience, dans un coup de passion, dans un coup de colère contre l'avocat que je haïssais alors de toutes mes forces... Le succès a été plus grand que je ne voulais; le jury est prêt à m'ohéir, et moi, ma chère amie je me suis laissé féliciter et j'ai serré des mains qui se tendaient vers moi... Voilà ce^que c'est qu'un magistrat!

MADAME YAGRET.

Console-toi. 11 n'y en a peut-être pas dix en France qui auraient agi autrement.

VAGRET.

Tu as raison. Seulement... si l'on réfléchit, c'est précisément cela qui est épouvantable.

LE GREFFIER, entrant.

Monsieur le Procureur, M. le Président fait demander quand on pourra reprendre la séance.

VAGRET.

Tout de suite.

MADAME VAGRET

Qu'est-ce que tu vaisTaîrë"?

VAGRET.

Mon de\oir d'honnête homme.

// se disijosc à sortir.

RIDEAU

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