ACTE DEUXIÈME
VALENTIN SALVIAT.
C'est Georgette que je veux.
PAULINE
Elle ne veut pas se marier.
VALENTIN SALVIAT.
Nous verrons... Le jour de la signature du centrât, je donnerai à chacune de tes oeuvres un cadeau dont tu fixeras toi-même le chiffre. Et Georgette, si elle devient ma femme, pourra faire la charité comme une reine.
Comme une reine!... Elle pourrait faire la charité comme une reine!... C'est bien, c'est très bien!... Ce serait merveilleux... seulement... je te dis, je ne crois pas qu'elle soit disposée à...
VALENTIN SALVIAT.
Le plus sûr moyen de le savoir, c'est de le lui demander à elle-même. Je vais le lui demander.
Quand ?
Tout de suite.
Tout de suite?
PAULINE
VALENTIN SALVIAT.
PAULINE
VALENTIN SALVIAT.
Écoute. Sais-tu pourquoi je suis parti précipitamment, il y a un an, après un mois de séjour ici?
PAULINE
Non.
VALENTIN SALVIAT.
Parce que je me sentnis tout doucement tomber dans ce ridicule : je devenais amoureux. J'espérais que ça
passerait avec le temps : ça n'a pas passé. Alors, me
voyant incurable, j'ai décidé que Georgette serait ma
femme... et tu sais, quand j'ai mis quelque chose làdedans, le diable ne l'en ferait pas sortir.
PAULINE
Ne penses-tu pas qu'il serait plus convenable...
VALENTIN SALVIAT.
Que tu lui en parles d'abord?... Non... j'aime bien faire mes affaires moi-même. Je lui dirai: c Mademoiselle, voulez-vous être ma femme? » Elle me répondra oui ou non, et tout sera dit... Tout sera dit... Si elle répond oui. Allons... Tu vas demander qu'on me l'envoie... Ne te dérange pas. {Ilva sonner. Au domestique qui parait à droite.) C'est madame qui vous a appelé.
PAULINE, au domestique.
Voulez-vous prier mademoiselle Georgette de venir?
Le domestique sort par le fond.
VALENTIN SALVIAT.
Maintenant, tu vas t'en aller.
>AULINE.
Écoute, Valentin.. Je dois te prévenir... Certes, je désire que ce mariage se fasse, parce qu'il en sortirait beaucoup de bien... ce serait magnifique... Seulement, j'ai tout lieu de penser que tu cours à un échec.
VALENTIN SALVIAT.
Nous allons le savoir... Allons, va-t'en. {Il la pousse vers la porte de droite.) Tu es une bonne petite sœur, va-t'en. Si tu veux écouter aux portes, je te le permets.
Elle sort.