SCÈNE V VALENTIN SALVIAT, GEORGETTE
VALENTIN SALVIAT, SCHl.
Parole! Le cœur me bat comme si j'avais vingt ans. Entre Georgette.
GEORGETTE
Ma tante n'est pas là?
VALENTIN SALVIAT.
Non, mademoiselle... C'est moi qui vous ai fait demander. Asseyez-rous.
Elle t'assied.
GEORGETTE
Vous avez à me parler?
VALENTIN SALVIAT.
Oui... mademoiselle.
GEORGETTE
Monsieur...
VALENTIN SALVIAT.
Je ne sais plus ce que je voulais vous dire.
GEORGETTE
C'était au sujet de nos pauvres?
VALENTIN SALVIAT.
Non.
Au pujct de l'usine... Vous savez que mon oncle a roçu une bonne nouvelle. Notre accumulateur l'omporto sur tous les autres par sa légèreté... Ce sera, parait-il, toute une révolution industrielle par la distribution de la force à domicile...
56 LES BIEi\FAITEURS
VALENTIN SALVIAT
Comme vous êtes savante!
GEORGETTE
Oh! Je répète ce que j'ai entendu dire, voilà tout!
VALENTIN SALVIAT, uprès wi sUeiice.
Voulez-vous être m femme ?
GEORGETTE, trouhlée, mais se forçant à nre.
Ah!..-. Ah!... Eh bien, si je m'attendais à quelque chose, ce n'était pas à ça... Ah! ah! ah! Vous m'avez presque fait peur! En France, maintenant, on prévient les gens avant de leur dire des choses semblables... [Riant.) Et c'est parce que vous m'avez crue savante que... mais, il y a des doctoresses, il y a...
VALENTIN SALVIAT.
Je vous parle sérieusement...
GEORGETTE
Oui, oui, oui! Vous voulez vous moquer de moi!
VALENTIN SALVIAT.
Je vous jure...
Ne jurez pas. Vous m'avez jadis reproché d'être un peu orgueilleuse. Je me rappelle très bien. Vous vous êtes dit : « Je vais voir si cette petite prendra au sérieux... » Et si je vous avais répondu oui... ou non, vous seriez parti d'un grand éclat de rire... Et vous auriez été raconter l'histoire à mon oncle, et cela vous aurait fort amusé. Eh bien! monsieur, ce n'est pas gentil, et je m'en vais fâchée contre vous, très fâchée.
VALENTIN SALVIAT.
Restez, je vous en prie. Je n'ai aucune envie de me moquer de vous, et vous le savez bien.
GEORGETTE
Je vous dis, moi, que je ne suis ni aussi naïve, ni