SCENE II
Les Mêmes, CLARA.
CLARA
V'Ià une lettre... et pis les journaux... Elle les pose sur le guéridon, au fond.
PAULINE
Vous pourriez bien les apporter. {Clara, sans répondre, soi-t. Pauline se lève et va chercher lettres et journaux.) Cette fille est vraiment d'une impolitesse...
LANDRECY.
C'est par ignorance.,. Si elle était aussi intelligente que nous, elle ne serait pas domestique, n'est-ce pas?
PAULINE
C'estjuste... Qu'est-ce que cette lettre-là?
LANDRECY.
D'où vient-elle?
PAULINE, sans colère.
Oh ! ça, c'est trop fort...
Elle sonne.
LANDRECY.
Quoi donc ?
PAULINE
On a coupé les timbres.
Elle resonne.
Fais voir.
PAULINE
Tiens...
Elle sonne de nouveau. Entre Clara.
CLARA
Me v'ià, mon Dieu, me v'ià ! C'esl-y qu'y a l'feu?
LANDRECY.
Est-ce vous qui avez découpé les timbres de cette lettre?
CLARA
Oui, m'sieu.
LANDRECY.
Pourquoi ?
CLARA
J'ai cru que c'en était des étrangers.
LANDRECY.
Alors?
CLARA
Ben, c'était pour les donner à mon frère qu'est à l'octroi, parce qu'il en fait collection....
Tout le monde éclate de rire.
LANDRECY.
Ahl dans ce cas...
CLARA, vexée, Y a rien de risible, là-dedans...
PAULINE
Et pourquoi est-elle sale comme cela... cette lettre?
CLARA
Elle n'est pas sale...
LANDRECY.
Vous trouvez?...
CLARA
Non... C'est du beurre... C'est parce qu'elle est restée