‹ Théâtre completChapitre 102 sur 241 · LE M 0 X S I E U R · texte numérisé non relu

LE M 0 X S I E U R

Oui, et vétérinaire.

PIERRE

Comment le savez-vous?

LE MONSIEUR

Attendez. Ma femme passait sur le carré. Votre porte était ouverte... Avez-vous du courage ?

PIERRE

J'en ai.

Il en faut. Ce monsieur quittait votre amie en lui donnant les marques les moins équivoques de l'amour le plus ardent. Ayez de l'énergie. Il la tutoyait en lui parlant de Fontainebleau.

PIERRE

Je vous remercie. Je suis fixé.

LE MONSIEUR

Ma femme passait à ce moment et son sourire involontaire a été le point de départ de la dispute qui nous a remis en présence. Afin de donner le change, ce monsieur, avant de partir, a fourni confusément, à votre amie, des conseils relatifs à la santé de votre chien. C'est ce qui nous a renseignés sur sa profession.

PIERRE

Je vous remercie, monsieur.

LE MONSIEUR

Adieu, monsieur.

PIERRE

Adieu.

Le monsieur est sorti sans refermer la porte. Il revient, LE MONSIEUR, (rès humble.

Je vous demande pardon... Voudriez-vous me rendre un service, un grand service?

PIERRE

Lequel?

Ce serait de m'autoriser à proférer, à voix très haute, quelques paroles violentes. Ma femme écoute, au-dessous sur le palier. {Piteiur.) Vous me rendriez un grand, très grand service.

PIERRE

Si vous vouloz...

LE MON.SIET"li.

Je commence, si vous le permettez. {Haut.) J'accepte vos excuses, monsieur. Mais n'y revenez pas... Polisson! {Bas.) Pardonnez-moi!

PIERRE

Oui.

Ils se prennent la main, lugubres, se regardent et lèvent les yeux au ciel, honteux, en soupirant.

LE MONSIEUR

Je vous remercie.

PIERRE

A votre service.

Le monsieur soi^t.

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