SCÈNE III PIERRE seul, puis CHARLOTTE et ISABELLE
PIERRE, remontant à la porte du fond. Il ouvre la porte. Il est parti. (7^ redescend. A lui-même.) Après tout, peutêtre que Brochot expliquerait tout cela d'un seul mot. J'ai envie d'aller le voir en allant à l'école...
Entrent Charlotte et Isabelle.
Eh bien?
PIERRE
Eh bien, voilà I
CHARLOTTE
Tu te bats en duel?
PIERRE, faiblement.
Non.
CHARLOTTE
Tu te bats en duel et tu ne veux pas me le dire.
ISABELLE
C'est très bien, monsieur, ce que vous faites là.
PIERRE, de même.
Mais non.
CHARLOTTE
Qu'est-ce que vous vous êtes dit, avec le monsieur?
PIERRE
Ce que nous devions nous dire.
CHARLOTTE
Pierre 1
ISABELLE
Laisso-le, il a besoin de tout son sang-froid. Je sais ce que c'est.
CHARLOTTE, siiicère.
Pierre 1 Ne te bats pas. Je ne veux pas que tu te battes !
Ne t'occupe pas de cela.
CHARLOTTE
Ne te bats pas. Je suis contente maintenant.
ISABELLE
Trouvez des témoins pour arranger l'affaire.
PIERRE
C'est inutile.
ISABELLE
Un procès-verbal terminera tout.
CHARLOTTE
Moi, du moment que ça se saura dans la maison, je ne demande pas autre chose. Je ne veux pas que tu te battes.
PIERRE
Ne te fatigue pas. Nous sommes très bons amis, le monsieur et moi.
CHARLOTTE
Il t'a fait des excuses ?
PIERRE
Aucune.
Il t'a menacé? Tu as eu peur?
PIERRE
Nullement. Nous nous sommes reconnus comme étant dans une situation semblable et peu reluisante, et nous nous sommes plaints réciproquement de n'avoir pas le courage d'en sortir.