SCENE II
PIERRE, BROCHOT. Brochât est assez penaud. Il a un petit paquet à la main.
BROCHOT.
Bonjour.
PIERRE
Qu'est-ce que tu viens faire ici?
BROCHOT.
J'ai appris que tu étais seul... Alors, l'idée m'est venue de monter te dire bonjour.
PIERRE
Tuas un rude toupet.
BROCHOT.
Gomme elle n'est plus avec toi, j'ai pensé que tu n'avais plus de rancune contre moi au sujet de ce qui est arrivé. Mon amitié...
Tu oses parler de ton amitié?
BROCHOT.
Je te prie de croire, mon cher ami, que ma faute ne l'a pas diminuée!
PIERRE
Est-ce que je dois te dire merci? Te féliciter?
BROCHOT.
Je ne te le demande pas.
PIERRE
Fourbe, tartufe, voleur !
BROCHOT, humble.
Pierre, ménage tes expres?ions, je t'en supplie.
PIERRE
Ce n'est pas vrai, ce que je dis?
BROCHOT.
Dans tous les cas, notre vieille camaraderie devrait te rendre moins brutal.
PIERRE
Elle ne t'a pas rendu plus scrupuleux...
BROCHOT.
Tout ça, mon bon Pierre, je me le suis dvjà dit : ce n'est pas la peine de me le répéter. Tu me fais du chagrin et tu t'énerves, voilà tout. Tu sais bien que ça ne vaut rien pour ta santé.
PIERRE
Et si j'étais allé te flanquer une volée, comme j'en avais envie.
BROCHOT.
Pourquoi ne l'as-tu pas fait? Tu as toujours été plus fort que moi. Au collège tu me battais souvent. Te rappelles-tu?
PIERRE
Canaille!
BROCHOT.
Tu étais plus vigoureux que moi, et cependant je l'ai défendu, une fois, contre un grand.
PIERRE
Fripouille!
BROCHOT.
Tu ne me laisses pas parler.
PIERRE
Judas !
BROCHOT.
Jamais je ne t'ai donné une plusgiande preuve d'amitié