ACTE TROISIEME
BROCHOT.
Je l'ai priée, suppliée. Je crois même que j'ai été assez bête pour pleurer devant elle... Sommes-nous naïfs, hein ? mon pauvre vieux ?
PIERRE
Oui, assez.
BROCHOT.
C'est toi qu'elle aime.
Elle t'a chargé de venir me le dire ?
BROCHOT.
Oui...
PIERRE
Elle est folle... c'est toi qu'elle choisit!... Après ce qu'elle a fait 1
BROCHOT.
Voilà : les femmes n'y attachent pas autant d'importance que nous.
PIERRE
De là le malentendu !
BROCHOT.
Elle ne t'a jamais aimé comme en ce moment, ou plutôt, elle t'aime depuis que tu l'as renvoyée. Elle m'a tout raconté dans un torrent de larmes et au bord d'une crise de nerfs. Jamais, cependant, je n'aurais osé venir te supplier, de sa part, de reprendre la vie commune ; mais, ce matin, j'ai reçu d'elle une lettre.
PIERRE
Oui, elle a la manie d'écrire des lettres.
BROCHOT.
... Une lettre désespérée. Elle parle de suicide.
PIERRE
Ce n'est pas la première fois.
BROCHOT.
La vdiri. Li--ln.
PIERRE
Je m'y refuse nettement.
BROCHOT.
Tu devrais pardonner.
PIERKE.
Je pardonne, si tu veux.
BROCHOT.
Tu devrais la reprendre.
PIERRE
Jamais.
BROCHOT.
Tu ne peux pas rester seul.
PIERRE
Je vais toujours essayer, et faire un joli petit voyage en Bretagne.
BROCHOT.
Je t'assure, tu devrais la reprendre.
PIERRE
Et retourner à la campagne avec toi ?
Oh I moi...
PIERRE
Eh bien?...
BROCHOT.
Moi, je vais quitter Paris. Je suis trop malheureux. C'est pour toute ma vie, vois-tu. Je le lui ai ilit : elle s'en moque. Elle ne pense qu'à toi... Tu avais raison, je ne suis qu'un imbécile... Mais qu'est-ce qu'-'Ues ont donc, qu'est-ce qu'elles ont donc pour nous rendre aussi haches, aussi misérables !... Je te dis : jamais, jamais, je n'ai éprouvé ce que j'éprouve. Alors, Je m'en vais... Adieu... Je t'avais apporté mon morbidiculus de Van Tieghem.