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SCENE III

Les Mêmes, ISABELLE, puis LE MONSIEUR et LE PÈRE LANGLOIS.

ISABELLE

Charlotte n'est pas là?

PIERRE

Vous savez bien que non.

BROCHOT.

Qu'y a t-il?

ISABELLE

Elle m'a envoyé une lettre.

PIERRE

Naturellement.

ISABELLE

La voici. {Elle lit.) « J'irai me jeter à la Seine, ce soir» à cinq heures, au Pont-Neuf! »

BROCIIOT.

Il en est quatre !

PIERRE, à Isabelle.

Et c'est cette lettre qui vous émeut ?

Si elle vous laisse indifférent, c'est que vous n'avez pas de cœur.

Vraiment, tu es dur.

Quand on veut se suicider, on n'indique pas d'avance l'heure et l'endroit où l'on se tuera.

ISABELLE

Mais, voyez comme son écriture est tremblée. Elle lui tend le papier.

PIERRE, le posant sur la table.

Pendant un voyage, j'ai reçu d'elle une lettre portant des traces de larmes. Elle m'a avoué plus tard les avoir faites en secouant sur la page ses doigts mouillés.

BROCIIOT.

Mais enfin, si c'était vrai !

PIERRE

Le Pont-Neuf est à deux pas. Je ne t'empéclie pas d'y aller. Tu as encore une l)eure!

ISABELLE

Je l'ai vue avant-iiier. Elle pleurait réellement, je vous le jure.

PIERRE

Ce qu'elle ne peut supporter, c'est que la rupture vienne de moi.

ISABELLE

Si vous Taviez entendue I Si vous l'aviez vue I Je l'ai

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