ACTE PREMIER
LE DOCTEUR
La science n'est pas Dieu. Il ne se fait plus de miracles. I
l'avarié.
Si vous le vouliez bien!... Vous êtes un grand savant. Cherchez, inventez, trouvez I Essayez sur moi quelque méthode nouvelle. — Doublez, décuplez les doses. — Faites-moi souffrir. Je me livre à vous. Tout, je supporterai tout, je vous le jure... Il doit bien y avoir un moyen de me guérir en six mois... Tenez, je ne réponds pas de moi après ce délai... Alors, c'est au nom de ma femme et au nom des enfants que je vous en prie. Pour eux, faites quelque chose!...
LE DOCTEUR
Mais assez, monsieur, assez!
l'avarié.
A genoux, je me mettrai à genoux. Oh! si vous faisiez cela! je vous bénirais, je vous adorerais comme on adore un dieul... Toute ma reconnaissance, toute ma vie... la moitié de ma fortune!... Par grâce, docteur, exaucez-moi, inventez quelque chose, faites une découverte... ayez pitié!...
LE DOCTEUR
Vous voudriez que je fisse pour vous plus que pour tous les autres?
LE DOCTEUR
Sachez donc, monsieur, que pour chacun de nos malades, nous faisons tout ce que nous pouvons, que ce soit le plus grand personnage ou le dernier venu de nos services d'hôpital. Nous n'avons pas de secrets en réserve pour les gens plus fortunés ou plus infortunés que les autres et qui sont plus pressés de guérir.
l'a Y A ni K.
Adieu, docteur.
LE DOCTEUR
Au revoir, monsieur.