M A R G U E R IT E
Camarades !
ANDRÉ
Très sérieusement, je me sens sur le point de vous aimer, peut-être même je vous aime déjà, mais vous pouvez avoir confiance en moi...
MARGUERITE
Bon. Je veux bien. Vous m'aimez. Vous me respectez, même. Combien de temps me respecterez-vous?
ANDRÉ
Ausai longtemps que vous le voudrez.
MARGUERITE
Mais vous voudrez, vous, que ce soit le moins longtemps possible. Allons, ne me trompez pas, ou ne vous trompez pas. L'amour platonique, on n'en parle même plus dans les romans... Vous ne pouvez pas m'épouser, n'est-ce pas?
ANDR É
Malheureusement.
MARGUERITE
Vous l'avouez et vous dites (< malheureusement » par
politesse. Vous Ip pourri<'z que vous ne m'épouseriez pas, et je xous compren'l^. Je n'Tip.is<le <lol,jesui> fille d'ouvriers et je ne ^ais rirn. Vous, vous avi z et' élevf pour faire un beau mariage Je vous r«pète que y' vous approuve. Alors? Alors, ti je vous écoulais, je deviendrais votre maîtresse dans un mois, dans deux ou dans six...
Je n'ai pas dit cela.
Je vous dis que c'est certain... Vous n'êtes pas un saint,] et inoi-inéme, je ne suis pas une sainte... Après? Vous me garderiez jusqu'à votre mariage, et un beau jour, vous me tireriez la révérence, en me laissant là, peut-être avec un enfant...
ANDRÉ
Oh! Marguerite.
M A RGUERITE.
Quoi « oh! Marj.'uerite ». Ce n'est pas vrai? Je ne serais pas la première à qui cela arriverait...
ANDRÉ
Vous me faites de la peine...
MARGUERITE
A moins qu'il n'y ait pas même cela dans votre proposition et que vous me trouviez bonne simplement à vous faire passer l'ennui d une soirée...
ANDRÉ
Je VOUS en prie, Marguerite. Taisez-vous. Je ne raisonne pas parce que je vous aime.
MARGUERITE
Vous ne m'aimez pas...
ANDRÉ
Je...
MARGUERITE
Mais non, vous ne m'aimez pas, vous me trouvez à