ACTE PREMIER
tandis que maintenant, je suis isolé, abandonné. (2^ pieure.) Je vous demande pardon...
MARGUERITE
Pauvre garçon !
ANDRÉ, lui prenant la main.
Comme vous êtes bonne, de m'écouter et de vous attendrir... J'avais le cœur gros depuis si longtemps, si vous saviez... Quand je suis tout seul, même, je n'ose pas pleurer; je me dis qu'un homme doit être fort, je me raidis... je pose devant moi-même... C'est imbécile!... Nouvelles larmes.
MARGUERITE, très douce.
Consolez-vous, monsieur André. 11 ne faut plus songer au passé... il faut penser à votre avenir... oubliez tout à fait celle que vous avez aimée puisqu'elle, elle ne vous a pas assez aimé pour vous attendre. Et puis... quand vous vous plaignez d'être seul... si vous êtes isolé, n'est-ce pas parce que vous avez un peu trop... comment dirai-je... pas trop d'orgueil, si vous voulez, mais enfin il y a toujours un peu de cela, quand on n'a confiance en personne... Votre maman... je suis certaine qu'elle vous comprendrait...
ANDRÉ
Vous avez raison... je n'ai pas assez confiance en elle.
MARGUERITE
Moi, je n'ai plus ma mère : c'est pourquoi je sens mieux qu'une autre combien ça doit être doux, d'en avoir une... Mon père est remarié.
j ANDRÉ.
Puuvre petite... Vous devez pleurer souvent...
MARGUERITE, retirant sa main.
On ne peut pas toujours rire... Allons, je vais ranger l'atelier. Bonsoir, monsieur André.
ANDRÉ
Bonsoir, mademoiselle Marguerite.
Ellfi sort. Peu de temps après, entrent M. et madame Logerais en toilette, redingote et robe de ville. Il se gante.