SCÈNE PREMIÈRE
L'ÉPOUSE, puis L'AVARIÉ. Au lever du rideaïïrt^^^ÛS^ est assise près de la petite table voisine du bureau. Elle travaille à un coquet bonnet d'enfant. Après un moment, elle en coiffe son poing.
L EPOUSE
Voilà encore uu petit bonnet que je vais pouvoir envoyer à la nourrice. Qu'elle sera gentille là-dessous, ma petite Germaine !... Allons, Maimaine, faisez une risette à sa maman!... Oh! amour...
Elle embrasse le bonnet et se remet au travail. Entre Georges par le fond.
l'avarié, ouvrant la porte et restant dans l'antichambre, où il se débarrasse.
Allô, allô! {Rire.) Ah 1 ah! ah!
l'épouse, qui s'est levée très gaie, très franche. Oh ! tu sais, j'avais reconnu ta voix.
l'avar[É.
C'est pas vrai... [Baiser.) Bonjour, petite femme adorée... elle a été attrapée, la pauvre petite femme. [Rire.) Ahl ah! ah!
l'épouse, riant aussi.
Ne ris donc pas comme ça.
l'avarié, chanq ant de voix.
« Allô! allô!., madame (^eorges^upont? » [Contrefaisant
une voix de femme timide.) « Oui... monsieur... c'est moi
monsieur... » Et je sentais que tu roussissais, au bout du
fil.
l'épouse, toujours riant.
Je n'ai pas dit « c'est moi, monsieur », avec ce ton-là... J'ai dit « oui monsieur » tout simplement.
l'avarié.
a Allô, madame Georges Dupont? Est-ce que Georges est là? [Rire.) Tu marchais !... ah ! ne viens pas dire que tu ne marchais pas. [En voix de femme.) « Non, monsieur... qui est-ce qui me parle ? » Je ne pouvais plus me tenir... « c'est moi Gustave... » Tu marchais toujours.
l'épouse.
Qu'y a-t-il d'étonnant à ce que ton ami Gustave...
l'avarié
Et quand j'ai ajouté : (Toujours en imitant la voix de Gustave.) « Tu vas bien ce matin ? t Tu as fait un « quoi? » si ahuri, un « quoi » en l'air, comme ça : « quoi ? »