VI
connais dix semblables. Réfléchis. Pense, André, que t\i vas décider do ta vie et... aussi un peu de la notre. LOGKn Aïs.
Oui, n'oublie pas cela. Tu ne le crois peut-être pas... mais je t'aime bien, André... Je te parle souvent, trop souvent peut-être des sacrifices que nous avons faits pour toi... Je ne mens pas. Nous avons rêvé pour notre vieillesse d'être fiers de toi, de te voir heureux, riche, honoré. Il n'y a pas de jour que nous n'en ayons parlé, depuis que tu es au monde.
MADAME LOGERAIS
Nous n'avons que toi, André I
Si nous travaillons encore, c'est pour toi. Autrement, nous nous serions retirés, il y a deux ans. N'oublie pas tout cela. Si tu perds ton avenir, c'est toutes nos peines qui auront été perdues.
MADAME LOGERAIS
Je n'attends plus de joies que celles que tu me donneras, mon enfant.
LOGERAIS
Veux-tu faire à ta mère... veux-tu nous faire une vieillesse désolée et solitaire? Tu parles de devoirs, tu en as aussi envers nous. Ta mère n'a pas une bonne santé; ne lui cause pas ce chagrin. Tu es un homme, André, ne te laisse pas berner ou par les autres ou par toi-même..;, Je ne te dis plus rien. {La main sur répaule.) Pense à nous... Allons, pense à nous.
Madamr Logeraix s'essuie les yeux, sincère. ANDRÉ, ému.
Je VOUE demande pardon du rliagrin que je vous fais à tous les deux. Je vous promets de n'être dupe ni des autres ni de moi-même et de ne pas manquer à ce que je vous dois.