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ACTE DEUXIEME

j'hésitais. Vous m'avez contraint à la réflexion. Je vois clair en moi. J'épouserai Marguerite dans un mois si tu y consens; dans deux ans si tu t'y opposes.

LOGERAIS, après avoir levé les épaules.

Je me demande alors, moi qui l'ai entendue, ce qu'elle choisirait si tu lui montrais les choses sous leur vrai jour.

ANDRÉ

Je vais le lui demander. Je veux la voir.

LOGERAIS

Eh bien, autant en finir tout de suite... (A sa femme.) Va la chercher.

MADAME LOGERAIS

Pierre, tu as tort de céder.

Est-ce que nous pouvons ne pas céder... Dis-lui de venir et laissons-les s'expliquer. Va...

MADAME LOGERAIS, à André.

André, mon enfant, je t'en supplie, réfléchis bien. Ne sois pas une dupe. Écoute-moi. Pense bien à ce que je te disais tout à l'heure. Tous ceux qu'on a trompés ne l'ont été que parce qu'ils avaient la même confiance que tu as... En somme, tu ne sais pas qui elle est, cette jeune fille. Il y a six mois que tu la connais... Combien de temps as-tu causé avec elle? Elle a vingt ans. Qu'est-ce que tu connais de son passé? Ce qu'elle t'en a dit. De sa famille... qui serait la tienne? Rien. Je te parle dans ton intérêt, mon petit... Si tu savais ce qu'il m'en est passé sous les yeux, des rouées, des saintes-n'y-touche. Je ne dis pas cela pour Marguerite. Je ne sais pas. Mais, mon enfant, des histoires du même genre, ça court tous les ateliers. Des grossesses qu'on fait accepter par un amant plus riche, ça se raconte tous les jours... On en rit... Je te citais tout à l'heure le cas du petit Perrin... j'en

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