ACTE TROISIEME
MARGUERITE
Ce sera moi la couturière... Qu'est-ce que je ferais le soir... et le dimanche lorsqu'il pleuvra... Robes dix francs. Livres dix francs. {Sur un geste d'André.) Tu as besoin de livres... Femme de ménage vingt-cinq francs... Oui, madame Ernest m'a demandé de l'emmener. Ça, on pourra peut-être le supprimer plus tard... Il ne reste plus que quarante francs.
ANDRÉ
Pour...
MARGUERITE, uvec Une petite tape de son papier sur la tête d'André.
Mauvais père!... {Très tendre.) Et les mois de nourrice 1
ANDRÉ
Mais tu avances...
Jusqu'à ce qu'il soit là, ces quarante francs serviront à acheter ses petites affaires.
ANDRÉ
Tu penses à tout. {Regardant le papier qu'elle tietit.) Et ces vingt francs-là qui n'ont pas de destination ?
MARGUERITE
Ces vingt francs-là...
ANDRÉ
Oui... C'est pour les menus plaisirs?
MARGUERITE
Non... c'est pour rendre à tes parents les mille francs qu'ils m'ont donnés.
ANDRÉ
Chérie I
MARGUERITE
Allons... allons... ça, ça ne te regarde pas... fais l'addition.
Cinq... beux cl trois cinq et neuf quatorze, clix-liuit, vingt et un, vingt-neuf f... Total deux cent quatre-vingtquinze francs... C'est admirable.
MARGUlîRlTE.
11 reste cinq francs pour l'imprévu et les menus plaisirs... ce n'est pas beaucoup... mais si on avait davantage on ne saurait pas quoi en faire, puisque nos soirées sont
prises.
C'est parfaitement vrai.
il A K G L' E lU r E .
Tu vois comme nous allons être heureux!... Pauvre mignon... Tu ne l'auras pas volé.
Entre madame Ernest, une dépêche à la main.
•MADAME EHNEST.
Une dépêche!
ANDRÉ, joyeiux.
La dépêche I merci, madame Ernest.
Madame Emcst sort.
MARGUERITE
Ouvre vite!
ANDRÉ
Tiens, ouvre-la, toi, j'ai peur.
MARGUERITE
Que tu e.'i béte! [Elle l'ouvre el, après l'avoir lue (rcs émue.) Mon Dieu ! Du courage, mon pauvre André! Tiens, lis!
•ANDRÉ, lisant.
ft Allant' niaïKiuéc. Recevrez e.xplicolioiit^. Amitiés. Maurice. * Ce n'est pas possible !
C'était trop beau!