VI
Son enfant... c'est ton petit enfant... c'est moi qui reviens!... Alors... tu veux que nous le mettions au.x Enfants-Trouvés? Réponds, ma petite maman!... Tu veu.x que nous le mettions aux Enlants-Tiouvés!...
MADAME LOGERAIS
Mon Dieu! que tu me fais souffrir, André!... Si ton père consent, moi je consens aussi. {A son man.) Allons, Logerais... as-tu la force de résister encore? Moi, je ne l'ai plus... Accepte-la pour la fille.
LOGERAIS
Enfin, si je suis convaincu, fortement, absolument convaincu au fond de mon âme qu'en t'écoutant je fais le malheur de toute ta vie, je ne puis pourtant pas céder à tes menaces, à vos larmes, à votre nervosité à tous les deux!... Mais, mon enfant, tu ne sais pas combien tu me tortures, combien tu me meurtris, et le mal que j'ai à ne pas te dire a Oui! » Écoute... déjà une fois, je t'ai résisté ainsi, je t'ai refusé ce que tu me demandais avec des larmes, comme aujourd'hui. C'est pendant que tu avais la fièvre typhoïde. Le médecin avait dit que si on te donnait à manger, on te tuait. Et tu avais faim ! tu avais faim ! Tu m'as demandé un morceau de pain on pleurant, avec des cris qui me faisaient passer un souflle sur la peau. Te refuser du pain, c'était cruel, c'était dur, n'est-ce pas? J'ai tenu bon, malgré tout, et je t'ai sauvé la vie. Cette fois, c'est encore ta vie, c'est ton bonheur que je défends. Je t'assure que j'ai raison, André : je te le jure! Estrce que tu crois que je n'aimerais pas mieux tout l'accorder, te donner de l'argent, te permettre de l'épouser, tout — et te voir content — plutôt que d'être là comme nous sommes à nous faire du mal, à nous haïr... Je te jure, Aiulrë, c'est comme l'autre fois... Enlin, j'ai eu raison ce jour-là, tout de même!...