ACTE TROISIEME
MADAME LOGERAIS
Quel malheur !... Je ne puis rien pour toi ! Quel malheur ! je ne puis rien pour toi !
Elle sort,
LOGERAIS, à André, fou de colère.
Tu es content, toi ! Tout cela c'est ta faute, mais tu me le paieras, je t'en réponds. Tu peux inventer ce que tu voudras, je ne céderai jamais! [Sur un geste d'André.) Assez!... je te dis de te taire... jamais, jamais!... Tu ne l'épouseras pas, tant que je pourrai t'en empêcher. Et je t'en empêcherai par tous les moyens, tous ! Tu n'auras pas un sou ! Tu retourneras à la caserne ou tu m'obéiras.
ANDRÉ
Et si je me tue ?
LOGERAIS
Tu ne te tueras pas.
ANDRÉ
Tu es peut-être trop sûr de ma lâcheté.
LOGERAIS
Et tu seras forcé de revenir, parce que tu ne trouveras pas à gagner ton pain.
ANDRÉ
Si c'est vrai, c'est la preuve que tu m'as dupé. Tu me promettais une existence plus facile si j'étais studieux. Je l'ai été. Ce qu'on m'a appris n'est pas ce qu'il faudrait savoir.
LOGERAIS
Il y a des ouvriers qui gagnent leur vie et qui n'en savent pas autant que toi.
ANDRÉ
Je suis trop chétif pour être un ouvrier.
LOGERAIS
Je n'y puis rien.