ACTE TROISIEME
LOGERAIS
Tais-toi
Tu m'as empêché la réalisation de mes premiers projets de mariage. Tu as brisé ma vie par despotisme.
LOGERAIS
André, je suis à bout... Prends garde à toi !
ANDRÉ
Tu m'as perdu par tes conseils... Oui, oui... c'est toi qui me disais : « Il faut que jeunesse se passe ». C'est toi qui me vantais ce proverbe de lâcheté morale et de débauche.
LOGERAIS, courant à lui la main levée.
Mais pense, donc à ce que tu dis, morveux! ANDRÉ, à voix basse, mais résolu.
Ah ! ne me touche pas !
LOGERAIS fait un violent effort sur lui-même et pose ses mains sur les épaules de son fils. D'une voix profonde :
Tu prétends que je ne t'ai jamais donné de preuves d'affection, André... eh bien, je vais t'en donner une, et une grande... Tu te doutes bien, n'est-ce pas, que tu viens de me causer la plus grande douleur de ma vie, et ce ne sont pas les moins justifiés de tes reproches qui m'ont fait le plus souffrir... Malgré tout, lorsque tu te décideras à revenir, je te tendrai les bras et tu n'entendras jamais sortir de ma bouche une parole qui puisse te faire croire que je me rappelle ce qui vient de se passer... Reviens quand tu voudras 1 je t'attends.
ANDRÉ
Adieu.
LOGERAIS sortant, le dos courbé, vieilli, bougonnant. — Non... au revoir... au revoir...
ANDRÉ, allant à la porte de gnuche et appelant. Marguerite!... [Elle entre. i Mon père reste inflexible. Devant lui, je te jure de ne jamais l'abandonner. [A son père.) Voilà ma réponse!
MARGUERITE
André!... Je ne te donnerai que du malheur... Obéis à ton père... suis-le I
ANDRÉ
Jamais!