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ACTE TROISIEME

de côté. Tu veux bien. Tu vois, je suis très calme. Eh bien, mon chéri, tu as vraiment fait pour moi ce que tu devais... Plus que tu ne devais... Beaucoup plus, car en somme, tu> ne me devais rien. Tu ne m'as pas séduite, je savais ce que je faisais, n'est-ce pas I Je me suis donnée à toi volontairement... Et je savais bien que tu ne pouvais pas m'épouser... attends 1... Tu m'as promis de ra'écouter jusqu'à la fin... Tu as fait, je te dis, tout ce que tu pouvais. Si nous ne sommes pas mariés, ce n'est pas de ta faute. Quand tu as vu le mariage impossible, nous sommes venus ici... nous avons été bien heureux, bien heureux, n'est-ce pas ?... Puis, pendant un mois tu as cherché du travail. Tu avais renoncé à tes beaux rêves. Pour moi, tu consentais à n'être qu'un employé. Je t'en remercie, je t'en suis bien reconnaissante. Seulement, tu vois, ce n'est pas possible... Alors, tu comprends, il faut nous quitter, voilà!

ANDRÉ

Tu me fais peur, Marguerite... C'est toi qui parles de cela et avec ce sang-froid...

Je t'en supplie. Ne m'enlève pas mon courage. Il le faut. Pour toi, pour moi, pour tes parents.

ANDRÉ

Mes parents...

MARGUERITE

Oui, et pour toi. Il ne faut pas que ta vie soit perdue... Tu n'as pas le droit de renoncer...

ANDRÉ

Je n'ai pas le droit de t'abandonner, voilà touti

MARGUERITE

Si. Et je t'ai dit pourquoi. Je te le répète, tu ne m'as pas trompée, tu ne m'as pas séduite. Je ne mérite pas que tu me sacrifies ton bonheur.

ANDRÉ

Mon bonheur, c'est d'être auprès de toi. M A n G u i; n I T K .

Tu me dis les mots qui peuvent le plus me faire souffrir. Est-ce que je ne demandi rais pas mieux ! {Elle sent qu'elle lie va pas pouvoir continuer sans pleurer. Elle s'arrête.) Attends... ce n'est rien... .le ne veux pas pleurer... Non! tu vois, je ne pleure pas. Ne fais pas attention. Seulement, n'est-ce pas, cette dépôclie, tout à l'heure, tout cela... j'ai les nerfs un peu tendus. {FAle s'est reprise.) Oui... Je te disais... oui... Est-ce que je ne demanderais pas mieux que de rester avec toi... Mais puisque c'est impossible. {Elle s'arrête.) Je te dis que c'est impossible... Alors... si tu m'aimais bien, tu me dirais oui tout de suite... c'est impossible.

Mais pourquoi impossible... pourquoi?

MARGUERITE, dons la même tension nerveuse.

Et qui sait ! peut-être serions-nous plus malheureux en restant ensemble qu'en nous séparant!... Oui, moi je souffrirais de penser à tout ce que tu m'aurais sacrifié et peut-être un jour, tu me le rcproclierais avec raison... quittons-nous... tu arriveras, tu réussiras, on parlera de toi, et moi, en apprenant tes succès, je penserai avec une joie bien douce que j'y serai un peu pour quelque chose... moi, je m'arrangerai. Il y en a bien d'autres comme moi. Je suis courageuse... peu à peu...

ANDRÉ

Tu m'oublieras ?

MAHGUKRiTE, à bout (le forces.

Tu sais, peu à peu... le temps... {Après un cri déchirant, elle éclate en sanglots, affalée sur la table. Elle relève la tête.) Je ne peux pas, tiens ! Je ne t'aime pas ! J'aurais dû être plus forte, j'aurais dil m'en aller ou to mentir, je ne sais

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