L'AVARIÉ, LA MÈRE, LA NOURRICE
LA M 15 RE, bas à son fils.
J'ai trouvé le moyen de tout arranger. Si nous la mettons au courant et si elle accepte, le docteur n'aura plus rien à dire, n'est-ce pas?
l'avarié.
Évidemment.
LA MÈRE
Je vais lui promettre que nous lui donnerons deux mille francs, lorsqu'elle partira, si elle consent à continuer l'allaitement.
l'avarié.
Deux mille francs, est-ce assez?
LA MÈRE
Je verrai. Si elle hésite, j'irai plus loin. Laisse-moi faire.
l'a VA m É.
C'est cela.
LA MÈ ri:, à ia nourrice.
Nounou, vous savez que la petite est un peu malade.
LA. NOURKICE.
Mais non, madame.
LA M h: R E .
Si.
LA NOURRICE
Mais madame, je l'ai bien soignée, je l'ai toujours tenue bien propre.
LA MÈRE
Je ne vous dis pas le contraire. Mais elle est malade : les médecins l'ont dit.
LA NOURRICE
Tiens! la belle malice I... Les médecins, s'ils ne vous trouvaient pas toujours quelque chose, on dirait qu'ils ne savent point leur métier.
Notre médecin est un grand médecin. Vous avez bien vu vous-même que l'enfant avait des petits bobos.
LA NOURRICE
Mais ça, madame, c'est des feux, c'est l'àcreté du sang qui ressort... faut pas vous tourmenter... Je vous dis, moi, que c'est la force du sang... c'est pas ma faute... je vous jure qu'elle n'a manqué de rien, et que je l'ai toujours tenue bien propre...
LA MÎIRE.
On ne vous reproche rien...
LA NOURRICK.
.Mais qu'est-ce qu'on peut me reprocher?... qu'est-ce qu'on peut me reprocher I... ahl quel malheur! Elle est mignonne, la petite, elle est un peu maigriote... dame .. C'est une enfant de Paris... mais elle se porte bien, j'en réponds.