ACTE DEUXIEME f
LA MÈRE
Non, je vous dis... Elle est enrhumée du cerveau... elle a des bobos dans le fond de la gorge.
LA NOURRICE
Jlais c'est le médecin qui l'aura égratignée avec cette cuiller qu'il lui mettait dans la bouche par le mauvais bout... Enrhumée du cerveau, ça, c'est vrai... mais si c'est qu'elle a eu froid, je ne peux pas dire quand... j'y comprends rien, rien, rien de rien. Je la tiens toujours bien couverte : elle a jusqu'à tFois couvertures... Ou alors, c'est quand vous êtes venue l'avant-dernière fois, que vous êtes tout le temps à ouvrir les fenêtres, à la maison.
LA M ii r. E .
Mais encore une fois, nous ne vous faisons pas de reproches.
LA NOURRICE
Oui... Je sais ce que parler veut dire... On a beau être du village...
LA Mi: RE.
Quoi? Qu'est-ce que vous vous imaginez?
LA NOURRICE
C'est bon... On a beau être du village...
LA MÈRE
Je vous répète encore une fois qu'on ne vous reproche rien...
LA NOURRICE, suivaïit SOU idée.
Si je m'attendais à ça, par exemple ?...
Elle s'essuie les yeux.
LA MÈRE
On ne vous reproche rien. Seulement nous voulons vous prévenir, vous pouvez gagner lamaladie de l'enfant...
LA NOURRICE, bOUdeUSB.
Le rhume de cerveau I... Ben, si j' le gagne, ça ne sera pas le premier. Je m' moucherai 1
LA. MÈRE
Peut-être môme des boutons.
LA NOURRICE, ricanant.
Oh! oh I oh!... ah ! ma pauvre dame, nous ne sommes pas des gens de la ville, nous, on n'a pas la peau sensible... Ben quoi!... des boutons, qu'est-ce que ça peut nous faire, des pauvres gens comme nous? On n'a pas le teint blanc comme les dames de Paris, bé sûr! vu qu'on est le plus souvent dans les champs, au soleil et à la pluie, qu'à se fourrer des pommades sur le museau... C'est pas pour offenser madame queje dis ça... Si madame cherche un prétexte, c'est pas encore celui-là qui est le bon.
LA mè;re.
Mais quel prétexte? Qu'est-ce que vous voulez dire?
LA NOURRICE
C'est bon.
LA M h: RE.
Parlez.