ACTE DEUXIEME
l'avarié.
Voulez-vous vous en aller I... voulez-vous vous en aller?... Faut-il que j'envoie chercher des sergents de ville?
LA NOURRICE
Des sergents de ville?... pourquoi faire?
l'avarié.
Pour vous mettre dehors, espèce de... Vous vous conduisez comme une voleuse.
Voleuse... Moi... parce que?...
l'avarié.
Parce que vous réclamez de l'argent qui ne vous appartient pas...
la hère.
Parce que vous abandonnez ce pauvre petit être... Vous êtes une méchante femme.
l'avarié.
Et je vais vous faire sortir, moi !
Il la prend par le bras.
la nourrice.
Ah! c'est comme ça!... Vous voulez que je vous le dise, pourquoi je m'en vais ?
l'avarié.
Oui, dites-le donc!
LA MÈRE
Dites-le donc!
Henriette est entrée dans le bruit de la dispute sans que personne ne la voie.
LA nourrice.
Eh bien, je m'en vais parce que je n'ai pas envie d'attraper une sale maladie ici.
LA M k 11 E .
Voulez-vous V0U9 laire !
L'aV ARl ii.
Voulez-vous vous taire I
LA NOURniCE.
Ohl vous n'avez pas besoin d'avoir peur qu'on entende: tout le monde le sait... Justin a écouté à la porte ce que vous disait votre médecin... II m'a tout dit...
l'avarié.
Taisez-vous 1
LA mIîre, ia saisissant par le bras.
Je vous dis de vous taire I
LA N 0 u R r. I 0 E .
Lâchez-moi! lâchez-moi! On m'a dit que votre gosse, on ne rélèverait pas, et qu'il était pourri parce que son père a une sale maladie qu'on attrape avec les femmes des rues.
On entend deux grands cris stridents, jetés par Henriette qui s'abat à terre dans des sanglots de crise nerveuse.
l'avarii':.
Mon Dieu!
Il va vers elle.
l'épouse, lui échappant, se raidissant, dans l'attitude du dégoût, de la haine et de la plus profonde terreur, comme une folle.
Ne me touchez pasi Ne me touchez pas!
RIDEAU