ACTE PREMIER
LE DOCTEUR
Eh bien, si l'on vous avait renseigné, vous auriez su que ces circonstances ne sont pas des garanties.
l'avarié.
Vous avez raison, docteur, on nous laisse vraiment trop ignorer...
LE DOCTEUR
Oui, trop...
l'avarié.
On ne peut pourtant pas étaler cela dans les journaux.
LE DOCTEUR
Parce que ?...
l'avarié.
Je vous en parle savamment. Mon père était propriétaire d'un petit journal de province, et si jamais nous avions seulement imprimé le nom de cette maladie, quelle pluie de désabonnements!
LE DOCTEUR
Mais vous publiez des romans sur l'adultère.
l'avarié.
Dame. L'abonné aime ça.
LE DOCTEUR
Vous avez raison, c'est l'éducation du public qu'il faut
faire.
l'avarié.
Et puis, qu'est-ce qu'on y gagnerait, après tout, à être / renseigné sur ce mal ?
Le connaissant mieux, on l'éviterait plus. ''
l'avarié.
Ce qu'il faudrait, ce serait un moyen de l'éviter tout à ^ fait.
LE DOCTEUR
Oh ! c'est bien simple.
l'avarié.
Dites.
LE DOCTEUR
Cela n'a plus d'intérêt pour vous... Mais quand vous aurez un fils, vous pourrez le lui donner, ce moyen.
l'avarié.
C'est?...
LE DOCTEUR
... De n'aimer qu'une femme... de la prendre vierge et de l'aimer assez pour qu'elle ne vous trompe pas. Voilà ce que vous direz à vos fils.
l'avarié.
Je pourrai donc avoir des enfants ?
LE DOCTEUR
Certes !
l'avarié.
Bien portants?
LE DOCTEUR
Bien portants. Je vous le répète. Si vous vous traitez comme il convient, longuement, consciencieusement, vous aurez peu de chose à redouter.
l'avarié.
C'est certain ?
LE DOCTEUR
Quatre-vingt-dix-neuf fois sur cent.
l'avarié.
Alors, je pourrai me marier.
le DOCTEUR.
Vous pourrez vous marier.
l'avarié.
Vous ne me trompez pas, n'est-ce pas?... Vous ne me