SCÈNE PREMIÈRE
PIERRE, CHARLOTTE, ISABELLE. Pierre corrige des devoirs, le crayon bleu à la main. Entre Isabelle.
ISABELLE
Bonjour, bonjour.
PIERRE
Bonjour, madame...
ISABELLE
Ne VOUS dérangez pas. Dis-moi, Cliarlotte, tu en as de drôles de voisins !
CHARLOTTE
Les gens d« quatrième ? Us t'ont manqué de respect?
ISABELLE
Tu vas voir. Je suis montée en même temps qu'un monsieur que je ne connais pas; mais, d'après ce que tu m'as raconté, ce doit être le monsieur à la clef.
CHARLOTTE
C'est lui. Quand il l'a reçue, le mois dernier, il venait loour louer l'appartement du dessous.-
IS \ B ELLE
Lorsque nous arrivons au quatrième, une porte s'ouvre... on avait sans doute vu, par la fenêtre, arriver le monsieur, et une dame paraît...
Vieille? L'air commun?
ISABELLE
Oui. Elle me fait : « C't^st cliez les gens du cinquième que VOUS allez? — Oui. — Eh bien, vous pouvez leur annoncer la visite de mon mari qui va aller leur secouer les puces... » Et voilà... attachez vos puces si vous ne voulez pas en perdre.
PIERRE
Qu'est-ce que c'est encore que cette histoire-là?
CHARLOTTE
Je vais te raconter, mon chéri ! C'est la chose la plus simple du monde. Celte femme, qui est sortie récemment d'un mauvais lieu, — pour cause de vieillesse...
PIERRE
Qu'en sais-tu?
CHARLOTTE
Rien. Mais il n'y a qu'à la voir et surtout à l'entendre.
PIERRE
Ce n'est pas assez.
CHARLOTTE
Si tu la défends déjà, il vaut mieux que je me taise.
Mais non, parle.
Cl! A R LOTTE.
Tu n'es guère encourageant. Tu ne sais pas seulement de quoi il est question, et tu prends parti contre moi.
PIERRE
Tu te trompes.