‹ Théâtre completChapitre 98 sur 241 · ACTE DEUXIEME · texte numérisé non relu

ACTE DEUXIEME

CHARLOTTE

Tant pis !

PIERRE

On n'entend plus rien. Ils ont fermé la fenêtre.

CHARLOTTE

Il va monter. Nous allons te laisser seul avec lui. .PIERRE, reprenant son travail.

Qu'est-ce que tu veux que je lui dise? Moi, dans une heure, il faut que je parte. Ma première leçon est à quatre heures... j'ai encore...

CHARLOTTE, après un long regard.

Tu es admirable!... Ah! si j'étais homme!

PIERRE

Enfin, tu ne peux pourtant pas vouloir que j^aille me battre en duel pour Jajxiouinoute à sa mémère?

CHARLOTTE, grave.

C'est de 7noi qu'il est question!

PIERRE

On n'a jamais vu un professeur d'histoire naturelle aller sur le terrain.

ISABELLE

Il est vrai que le mien était journaliste.

CHARLOTTE

Mon ami, adresse-toi à la police. Le commissariat n'est pas si loin!

ISABELLE

Il y a, en effet, des tribunaux pour ceux qui ne peuvent pas se faire respecter eux-mêmes.

PIERRE

Si je m'adresse aux tribunaux, je provoque un scandale. Tu sais bien que ma position est déjà compromise...

CHAHLOTTE.

Fais-lui donner congé par le propriotairel

C'est à nous qu'on le donnera.

CHARLOTTE

Eh bien ! c'est entendu. A partir de demain, j'irai chaque soir chez cette dame et je lui dirai : « Madame, me voici ; injuriez-moi, insultez-moi, outragez-moi, battez-moi même, si cela vous plaît ; vous le pouvez impunément. Je n'ai personne pour me défendre. »

PIERRE, rageur, notant sans avoir lu.

Mal ! mal ! Très mal ! Pauvres enfants !

On frappe. Charlotte va ouvi-ir. Entre le monsieur.

LE MONSIEUR, gardant la porte ouverte et à voix haute, de façon à être entendu du dehors.

Monsieur, je viens vous demander des explications.

PIERRE, sous le regard de Charlotte menaçant. Je vous en demanderai aussi, monsieur.

LE MONSIEUR, de même.

Je vais vous en donner, monsieur.

PIERRE, de même.

Et moi aussi, monsieur. Fermez la porte.

LE MONSIEUR, en fermant la porte au dehors. Je les demande et je suis prêt à les exiger. (// ferme la porte avec violence. A Pierre.) Ma femme a été insultée par la vôtre.

PIERRE

Votre femme a insulté la mienne.

LE MONSIEUR

Vous le reconnaissez ?

Je le reconnais.

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