ACTE II
Mais oui... Prosper m'a chargé de t'embrasser...
Sa femme aussi. (Il attire Mariette à lui et l'embrasse sur les deux
joues.) Une commission faite !
MARIETTE
Est-ce que Prosper est toujours aussi enragé de son gibier?...
ROBERT
Il s'en occupe jour et nuit... On ne met pas les pieds dans la forêt sans le rencontrer... Partout où l'on va, il est là... Il est amoureux de ses bêtes !...
JOURNET
Oui, c'est sa passion à c't'hommel... Y s'est jamais couché sans avoir vu un cerf ou un sanglier dans sa journée.
ROBERT
Seulement, une usine, c'est une volière à braconniers... On n'a qu'à lui parler de hauts fourneaux et de laminoirs pour qu'il étrangle de colère... La nouvelle aciérie, avec les 3.000 hommes qu'elle emploiera, lui tourne les cheveux au gris...
MARIETTE
Pourvu qu'il ne se fasse pas tuer par un rôdeur, comme son père!... Et votre frère l'abbé, qu'est-ce qu'il devient ?
ROBERT
Il a pris maman chez lui depuis que M. Bous-
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sard l'a fait nommer curé de Miremont. Il se donne un mal énorme pour nous convertir tous, et, ma foi, il ne perd pas trop ses peines. (Riant.) Il surveille «es paroissiens comme Prosper garde son gibier.
MARIETTE
Qu'est-ce qui vous amène à Paris?..,
JOURNET
On est venu entendre prêcher le patron.
MARIETTE, riant
N'est-ce pas qu'il prêche bien ?
ROBERT
Épatamment !...
MARIETTE, i Robert.
Au moins, vous a-t-il converti, mauvaise tête ?
ROBERT, riant.
Ne parlons pas de ça 1... Mais nous partons bien contents, vous entendez, Monsieur, et vous savez pourquoi.
JEAN
Oui... je tiendrai ma promesse. Annoncez à vos
amis ma prochaine visite... (il Berre la main des deux hommes.)
ROBERT Au revoir, Mariette I rPoienées de maint.)