‹ Théâtre completChapitre 5 sur 190 · ACTE I 4B · texte numérisé non relu

ACTE I 4B

MADELEINE, lui jetant une poignée de brindille» qu'elle a prise derrière le fourneau.

Tiens donc !... Pour ce que le fagot est cher, c'est pas la peine de s'en priver. Fais-leur un bon feu, à nos garçons; y n'auront pas chaud en rentrant du cimetière.

CATHERINE

Surtout qu'y vont y rester un bon moment, je pense. Une fois que Paul a la figure dans ses mains, le temps ne lui dure pas. Y n'est pas curé pour rien.

MADELEINE

C'est-y pas drôle que, sur trois fils, j'en aie un comme Paul et un comme Robert !..

CATHERINE

Ah oui !... Robert n'est pas pour les soutanes!... Un Parisien, quoi!... Tout à Theure, j'ie regardais en entrant à l'église... Il a tout de même fait comme ses deux frères : y s'a collé un signe de croix sur l'estomac et s'a mis à genoux.

MADELEINE

Et c'est gentil à lui d'avoir demandé un congé dans son usine pour venir ici le jour des Morts... Un congé, y sait ce que ça lui coûte!... Y gagne dix francs par jour; ainsi, pour trois jours, c'est trente francs, sans compter le voyage.

CATHERINE

Dix francs!... En v'ià des iouruces ! Y a tout de

même une différence avec les deux francs de mon homme I...

MADELEINE

Allons, allons... La place de garde, faut pas blaguer... Après ces messieurs, Prosper est le premier de la commune.

CATHERINE

Premier pour attraper les coups de fusil des braconniers... Son père y a pas coupé I...

MADELEINE

Ça, oui I... Mon pauvre Charrier I (La porte s'ouvre.) Ah 1 v'ià les garçons...

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