SCÈNE IV
L'ABBÉ, JEAN, ROBERT, JOURNET, MADELEINE, OUVRIERS ROBERT, serrant la main de Jean.
Monsieur, depuis la plate-forme des hauts fourneaux jusqu'à trois cents mètres sous terre, on est dans la jubilation depuis qu'on vous sait arrivé.
JOURNET, se présentant à son tour devant Jean.
Cette fois, y a du bon ! C'iui qui travaille avec nous, c'est plus un d'ces farceurs de Paris qui viennent tout brouiller et puis qui nous laissent dans l'pétrin. C'que vous dites, on peut l'croire, puisque vous avez l'pouvoir de l'faire.
L ABBÉ, poussant les ouvriers sur 1m bancs.
Messieurs, si vous voulez vous asseoir...
ROBERTj jovial, à l'abbé, pendant que les ouvriers s'installent.
Pourquoi n'as-tu pas mobilisé ton suisse pour
DOUS placer ? (Quelques gros rires accueillent cette plaisanterie.) UN JEUNE OUVRIER, en passant près de l'abbé.
Aujourd'hui, monsieur le curé, vous ne pourrez pas m'mettre à genoux dans ce coin-là comme quand je venais au catéchisme.
L ABBE, le menaçant du doigt.
Prends garde, Amédée! Si M. Jean avait la fantaisie de te faire réciter tes actes de foi, d'espérance et de charité, et que tu ne les saches pas mieux
qu'autrefois, le coin est toujours là. (De nouveau, quelques rires complaisants. Les ouvriers se dispersent sur les bancs et s'assoient, tournant le dos au public.)
L ABBÉ, ouvrant la porte qui communique avec l'intérieur du presbytère.
Venez donc, maman !... On va commencer san
vous !... (Madeleine apparaît, toute vieille et cassée, appuyée sur un bâton, et s'avance péniblement vers Jean.)
JEAN
Eh î Madeleine !... (ii lui tend la joue.) Allons I comme
quand j'étais petit !... (EUe l'embrasse. Cela produit une excellente impression.)
UN OUVRIER, à mi-voix, se parlant à lui-même.
On disait bien qu'il n'était pas fier, mais si peu que ça, je n'aurais pas cru !...
MADELEINE
Comment! vous vous souvenez de moi!... Je suis