‹ Théâtre completChapitre 66 sur 190 · ACTE m · texte numérisé non relu

ACTE m

reproche d'avoir trop vivement combattu la toutepuissance des maîtres, c'est-à-dire l'individualisme à outrance qui dérive de l'esprit moderne. A présent, je m'aperçois que l'individualisme rachète sa dureté par les services qu'il rend. Ce n'est pas la fouie qui crée, c'est un homme à lui seul plus énergique et plus intelligent que l'ensemble des autres.

ROBERT, ironique.

Celui-là même que vous appeliez exploiteur I

JEAN, «ouriant.

Prenez-y garde, Robert, mon confrère en éloquence : on nous appelle roublards, nous, les faiseurs de discours. Si M. Boussard est un exploiteur, vous et moi méritons le même titre. Mais nous ne sommes exploiteurs ni les uns ni les autres. Chaque fois que l'humanité avance d'une ligne, c'est qu'un isolé éclaire sa route ; si nous le rencontrons, laissons-lui la voie libre. Je serais votre plus dangereux ennemi si j'allais troubler votre chef dans l'accomplissement de son oeuvre. C'est ce que je ne ferai certainement pas!...

ROBERT

Vous le ferez, car vous êtes honnête homme. Admettez un instant que nous soyons lésés, ne fûtce que d'un liard. Prendrez-vous ce qui vous revient de ce liard?

JEAN, avec fermeté.

Je ne suis plus propriétaire ici. J'ai cédé à mon beau-frère ma part des forges. (Grand sMence.)

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