‹ Théâtre completChapitre 138 sur 252 · ACTE I · texte numérisé non relu

ACTE I

SIEYÈS

£h ! ne pactisez pas ; mais préparez la guerre.

— Essayez d'isoler Marat et Robespierre.

— Faites-vous dçs amis. — Pour vous citer deuxnonis, L'appui de Dumouriez vous donne des canons ,

Et de ces triumvirs , qu'avec vous je déteste , J'en sais un qui peut être aussi bon que funeste. Oui , l'un des triumvirs , le plus puissant de tous , Peut sauver le pays , s'il s'entend avec vous. Il le peut , s'il le veut ; — il le voudra. J'en jure Les grands égarements d'une noble nature.

Un homme comine lui ne fait rien à demi ; Par l'orgueil de son crime en son crime affermi , S'il trouve une autre voie à conquérir l'estime , Plus il fut criminel , plus il sera sublime.

BARBAROUX

Qui donc, Sieyès?

siSTÈa.

Danton.

BARBAROUX

Danton !

MoaTement gëndral.

SIEYÈS

Danton. — » Songez Que par ce coup savant les clubs sont partagés , Les triumvirs dissous , et l'émeute incertaine

224 CHARLOTTE GORDAY.

Est un corps débandé , qui perd son capitaine. — Danton et Dumouriez ! Le peuple et les soldats f Deux hommes résolus , qui seront vos deux bras! Alors n'attendez plus qu'une chance opportune Pour bâillonner les clubs et casser la Commune. La France applaudira.

VERGNIADD.

Mais , cela supposé , Qui vous dit que Danton y sera disposé ?

SIBYÈS.

Lui-même s'est chargé de vous rendre réponse.

VERGNIAUD

Quand*?

SIEYÈS

Tout à l'heure.

VERGNIAUD

Où donc?

SIETÈS.

Ici. Je vous l'annonce.

MouTement.

VERGNIAUD

Ici!

Page 1