‹ Théâtre completChapitre 147 sur 252 · CHARLOTTE, BARBAROUX, LOUVET, PÉTION, BUZOT · texte numérisé non relu

CHARLOTTE, BARBAROUX, LOUVET, PÉTION, BUZOT

Les quatre Girondù» entreai à droite par la g;raiide route. LOUVET.

Voilà déjà longtemps , amis , que nous marchons ; Nous nous sommes trompés , ou bien nous approchons.

BARBAROUX

Nous pouvons le savoir de cette jeune femme.

A Charlotte.

Est-ce là le chemin qui mène à Caen , madame ?

CHARLOTTE, te lerani.

C'est le chemin public ; mais vous arriverez

Plus vite , citoyens , en passant par les prés.

A quelques pas plus loin , — à l'endroit où l'on fauche,—

Vous prendrez le sentier qui tourne vers la gauche.

LOUVET, ans Oirondiof.

Notre guide est charmant ! — Je gage , Pétion , Que Barbaroux va faire une autre question.

BARBABOUX.

Madame , pardonnez de nouvelles demandes.

Nous sommes étrangers sur les terres normandes , Nous avons cheminé longtemps ; il se fait tard ; Pourtant on nous a dit au moment du départ , ( Mais on trompe toujours le voyageur crédule ) Que nous serions à Gaen avant le crépuscule.

CHARLOTTE

Ne vous rebutez pas, citoyens. — Vous voyez

Montrant le rideau d'arbres.

Ce rideau d*arbres verts en ligne déployés?

Quand vous l'aurez franchi , vous verrez dans la plaine

Fumer déjà les toits de la ville prochaine.

BARBAROUX

Merci , madame. — Amis , le sort moins rigoureux Marque nos premiers pas par un présage heureux. Cette rare faveur d'entendre une voix pure Est douce à des proscrits poursuivis par l'injure.

— Rendons grâces aux Dieux , et marchons.

CHARLOTTE

Étranger, S'il m'est aussi permis de vous interroger, Vous vous dites proscrit; vous émigrez sans doute?

— On voit tant d'émigrés le long de cette route! — Mais nous ne savons pas dénoncer les proscrits ; Parlez donc franchement : — venez-vous de Paris?

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