CHARLOTTE, BARBAROUX, LOUVET, PÉTION, BUZOT
Les quatre Girondù» entreai à droite par la g;raiide route. LOUVET.
Voilà déjà longtemps , amis , que nous marchons ; Nous nous sommes trompés , ou bien nous approchons.
BARBAROUX
Nous pouvons le savoir de cette jeune femme.
A Charlotte.
Est-ce là le chemin qui mène à Caen , madame ?
CHARLOTTE, te lerani.
C'est le chemin public ; mais vous arriverez
Plus vite , citoyens , en passant par les prés.
A quelques pas plus loin , — à l'endroit où l'on fauche,—
Vous prendrez le sentier qui tourne vers la gauche.
LOUVET, ans Oirondiof.
Notre guide est charmant ! — Je gage , Pétion , Que Barbaroux va faire une autre question.
BARBABOUX.
Madame , pardonnez de nouvelles demandes.
Nous sommes étrangers sur les terres normandes , Nous avons cheminé longtemps ; il se fait tard ; Pourtant on nous a dit au moment du départ , ( Mais on trompe toujours le voyageur crédule ) Que nous serions à Gaen avant le crépuscule.
CHARLOTTE
Ne vous rebutez pas, citoyens. — Vous voyez
Montrant le rideau d'arbres.
Ce rideau d*arbres verts en ligne déployés?
Quand vous l'aurez franchi , vous verrez dans la plaine
Fumer déjà les toits de la ville prochaine.
BARBAROUX
Merci , madame. — Amis , le sort moins rigoureux Marque nos premiers pas par un présage heureux. Cette rare faveur d'entendre une voix pure Est douce à des proscrits poursuivis par l'injure.
— Rendons grâces aux Dieux , et marchons.
CHARLOTTE
Étranger, S'il m'est aussi permis de vous interroger, Vous vous dites proscrit; vous émigrez sans doute?
— On voit tant d'émigrés le long de cette route! — Mais nous ne savons pas dénoncer les proscrits ; Parlez donc franchement : — venez-vous de Paris?