ACTE II
Nous en venons, madame.
CHARLOTTE
Ah ! dites-moi , de grâce I A quel bruit faut-il croire , et qu'est-ce qui s*y passe? — On parle d'une lutte?
BARBAROUX
Elle est finie.
CHARLOTTE
Eh bien? - Quoi? — Qu'est-il arrivé? — Car nous ne savons rien.
BARBAROUX
Marat triomphe.
CHARLOTTE
ciel !
BARBAROUX
La Gironde est détruite.
CHARLOTTE
Dieu puissant!
BARBAROUX
Aujourd'hui ses débris sont en fuite.
Ah î que me dites-vous ! — Ah ! malheur imprévu 1 — En étes-vous bien sûr?
BARBAROUX
Je dis ce que j'ai vu.
Demain vous apprendrez, ainsi que tout le monde, Que trois jours de tempête ont brisé la Gironde.
— Mais l'heure ne sied pas à des récits plus longs; La nuit nous surprendrait errants dans ces vallons.
CHARLOTTE
Ne craignez rien; la ville est prochaine, vous dis-je; Puis je vous donnerai quelqu'un qui vous dirige. Non ; dussé-je vous suivre , et l'entendre en chemin , Ce récit m'émeut trop pour remettre à demain.
— Parlez , je vous en t)rie.
BAhBAROUX.
Il me suffit , madame.
Loavet va s'asseoir sur le tronc d'arbre renversé. •> Pétion etBuzot se tiennent auprès de lui.
— Quant aux événements qui précèdent ce drame...
CHARLOTTE
Je sais tout.
BARBAROUX
Vous savez comment les Girondins Ont soulevé contre eux tant d'ennemis soudains?
C'est qu'ils voulaient venger les meurtres de septembre, Et purger le sénat dont Marat est un membre.