SCÈNE IL
Il lit. — Lydie l'écoute , appuyée sur son épaule.
Compagnons du printemps , les zéphyrs ont soufflé
Dans les voiles tendues ; Le Tibre, qui se tait, ne roule plus enflé
Par les neiges fondues.
Dans les prés amollis la nouvelle saison
Épaissit rherbe fraîche , Et déjà le troupeau, qu'invite le gazon.
Se plait moins dans la crèche.
Déjà, d'un pied joyeux, Vénus conduit les chœurs
De la ronde commune Où la nympjie, et la grâce, unie à ses deux sœurs.
Dansent au clair de lune.
Le soleil nous ramène avec les jours brûlants
La soif que rien n'apaise.
Couchoiis-nous sous ces pins ou ces peupliers blancs.
Pour y boire à notre aise.
Esclave, rafraîchis ce Falerne échauffé,
Là-bas, dans l'eau courante.
Puis apporte des flenrs. J'aime 9i boire , coiffé
De la rose odorante.
Toujours ne dure pas la gloire du printemps
Dont s'honore la rose.
A quoi bon les soucis, quand, pour si peu d'instants.
Il faut si peu de chose !
Bacchus verse l'oubli des chagrins. Évohë !
— Esclave , écoute encore :
Dans son réduit connu va-t'en chercher Ly4ie.
C'est Lydie que j'adore.
LYDIE
Ah ! que c'est donc joli ! — le dernier vers surtoul. — Fais voir.
HORACE
Mais non.
LYDIE
Mais si. Je le veux I
HORACE
Point du tout !
LYDIE
Elle arrache les tablettes à tforace.
Si fait ! — Ah ! je les tiens.
HORACE
Tu ne pourras pas lire.
J'essairai.
HORACE , à part.
Je suis pris.
LYDIE) appelant Beroé et lui montrant une lyre pendue à la muraille.
Beroé , prends la lyre.
Jeu muet d'Horace , qui veut reprendre les tablettes , et de Lydie , qui les cache dans son sein.