SCÈNE IL
0ORACB.
Lydie ! nu nom des dieux l écoute*moi , Lydie I
LYDIE
Ah! pouvais-je m'attendre à cette perfidie l
Ah ! comme il se jouait de ma crédulité î
Jamais coup plus cruel m'a-t-il été porté!
Le parjure attestait les dieu? de sa tendresse !
Il osait défier leur foudre vengeresse !
Quoi d'étonnant , d'ailleurs , qu'il se moque des dieux !
Un infidèle amant ne peut être pieux.
— Et, simple que j'étais, sotte comme une femme, J'ai cru que ses serments partaient du fond de l'âme ! J'avais presque un remords de mes soupçons jaloux ; Il s'indignait si bien , que je l'avais absous.
Je m'épanouissais devant ses fourberies
Dont mon cœur altéré buvait les flatteries.
Ah ! sottise! c'était un rôle bien joué.
Il parlait à Lydie en pensant à Chloé.
dieux ! — C'est très-plaisant. Vous avez bien dû rire,
N'est-il pas vrai? pendant qu'on apportait la lyre.
J'ai mis tant de bonheur et tant de bonne foi
A réciter ces vers que je croyais pour moi !
Comme je jouissais de ma gloire usurpée !
Comme j'en savourais la lente mélopée !
— Trop lente selon vous ! vous attendiez la fin ; Vous vouliez voir l'effet d'un sarcasme si fin, Et de quel air confus je prendrais l'épigramme , Quand je verrais au bout le nom d'une autre femme.
Oui, oui, c'est très-plaisant ; il faut en rire. — Eh bien ! Toi , ris de ton côté ; moi , je pleure du mien.
KUe Tft tomber assbe dans le fauteuil.
HORACE
Lydie,- écoute-moi!
LYDIE
C'est affreux ! c'est indigne !
HORACE
Bien sûr, je n'avais pas d'intention maligne.
Il lui prend la main.
Lydie 1
LYDIE, retirant sa main.
Ah! laissez-moi.
HORACK.
J'ai des défauts; d'acfcord.
J'aime trop les plaisirs , et l'excès est un tort. Hélas ! je veux en vain combattre ma nature ; Mes plus fermes desseins s'en vont à l'aventure. On m'entraîne au moment où je me corrigeais ; Un rayon de soleil fait fondre mes projets ; Je ne puis voir passer dans la rue une robe , Sans regarder un peu le pied qu'elle dérobe.
C'est mal. Oui; j'en conviens. — Mais, pour être- léger. Je ne suis pourtant pas un drôle à fustiger, Et je m'estimerais le dernier gueux du monde , De t'avoir fait exprès cette peine profonde.
— Voyons ! ma chère enfant !