AGNÈS, MARGUERITE
MARGUERITE, mOm kox pieds d'Agnès.
Elle lit le roman de Lancel«)t du Lac.
« Ah ! dit alors la reine ! ah ! je vous connais bien : a Vous êtes Lancelot. — Mais il ne répond rien, a — Pour qui donc fîtes-vous tant d*armes ? reprit-elle. « Je sais bien que c'était pour quelque demoiselle ; « Mais dite&-moi pour qui? — ^Pour vous, dame. — ^Pourmoi ! a Et la reine Genièvre en est joyeuse en soi. « D'où vinrent ces amours qu'en moi vous avez mises? « — Elles vinrent de vous , qui les avez permises.
98 AGNÈS DE MËRANIE.
« Si vous ne Favez dit pour vous moquer, un jour
« Vous avez fait de moi votre servant d'amour.
« Je vous disais : Adieu , dame ; toute ma vie ,
« Je voudrais vous servir, si c'était votre envie ;
« Adieu , beau doux ami , m'avez-vous répondu.
« Adieu ! beau doux ami ! je l'ai bien entendu ;
a En tout événement , j'en ai gardé mémoire ;
a Ce mot dans tout combat m'a donné la victoire ;
« Dans tous mes déplaisirs ce mot m'a consolé ,
« M'a guéri de tous maux , de tous biens m'a comblé ;
« Enfin , s'il plaît à Dieu qu'un jour on me renomme ,
« C'est ce bienheureux mot qui m'aura fait preud'homme ! »
AGNÈS
les nobles discours ! l'entretien gracieux !
Marque-moi cet endroit , que je le lise mieux. — Comme oes chevaliers étaient preux et fidèles ! Comme ils méritaient bien d'être aimés des plus belles ! Qu'il est doux d'écouter ces récits du vieux temps , Quand on peut ramener sur soi des yeux contents ! Car, si l'âge passé produisit des merveilles , Le nôtre , Dieu merci , nous montre les pareilles , Et quoi qu'aient accompli les héros d'autrefois , Mon Philippe , à lui seul , les vaut tous à la fois. Oui , prends les paladins les plus fameux du monde , Ceux de la cour de France et de la Table-Ronde , Choisis les plus vaillants et les plus généreux , Et dis s'il n'est pas vrai qu'il l'emporte sur eux?
MARGUERITE
Oh ! c'est bien vrai. — Pour moi , j'ai rais ma préférence