‹ Théâtre completChapitre 68 sur 252 · ACTE 1. m · texte numérisé non relu

ACTE 1. m

Que vos nobles étaient votre plus ferme appui , Et qu*à son tour le Roi préserverait d'offense Ceux qui savent verser leur sang pour sa défense.

PHILIPPE

Je te comprends, Guillaume, et la cause des preux Appartient à bon droit au plus brave d'entre eux ; Mais , sans que nous soyons ingrat pour nos fidèles , Nos écoles aussi valent qu'on ait soin d'elles. J'en ai besoin, vois-lu , pour ce qu© j'entreprends. Nous comptons dans l'État trop d'États différents , Et mon sceptre se brise aux justices sans nombre Que les murs féodaux enferment dans leur ombre. — Laisse aller mon école , et lorsque autour de moi J'aurai du droit romain ressuscité la loi , On verra par degrés, de frontière en frontière , S'élargir sur le sol ce cercle de lumière , Qui , par le seul pouvoir propre à la vérité , Dans la confusion portera l'unité , Et grandira toujours , en sorte que tout rentre Dans l'enceinte légale , ayant le Roi pour centre.

GUILLAUME

Sire , les rois de France ont l'usage hautain De compter sur l'épée , et non sur le latin.

PHILIPPE

Tu vois , à la façon dont elle est occupée , Que je ne laisse pas se rouiller mon épée.

Mais je iiq me bats point comme un simple jouteur ;

Je suis un conquérant pour être un fondateur,

Et veille également à l'œuvre que j'élève ,

La loi dans une main , et dans l'autre le glaive.

— Pour le règne des lois en vain je combattrai , Si par l'enseignement je ne l'ai préparé ;

Le progrès des esprits , qui paraît insensible , Plus que tous les vainqueurs est pourtant invincible , Et je travaille mieux contre mes grands vassaux Par ITIniversité que par bien des assauts.

C'est peu que la science ait chez nous ses oracles ; Je veux que tous les arts étalent leurs miracles , Afin que cette pompe , inconnue avant moi , Entre les autres cours marque la cour du Roi , Et que les yeux frappés , à ce brillant cortège Du pouvoir souverain reconnaissent le siège.

Ce sera ; — je le veux. J'ai toujours réussi. Charlemaghe l'a fait ; je le puis faire aussi.

— Allons , embellis-toi , Paris , ma capitale ! Élevez-vous , palais du Louvre , et cathédrale ! Collèges , trésoriers du savoir et des arts , Hôpitaux , aqueducs , halles , pavés , remparts , Faites-nous un Paris , rival d'Aix-la-Chapelle , Et digne d'être un centre à la France nouvelle !

— Fais sonner le départ.

GUILLAUME, désignant les chcTsiliers qui sont dans U cour.

Sire , ils disaient entre eux Qu'un regard de la Reine est un présage hem eux ; Ils voudraient voir la Reine.

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