‹ Théâtre completChapitre 82 sur 252 · SCÈNE III · texte numérisé non relu

SCÈNE III

PHILIPPE, GUILLAUMF.

PHILIPPE

Va dormir maintenant , roi qui ne peux rien faire ! Attends , roi fainéant , qu'on te désigne un maire !

— Oh ! lorsqu'il faut agir , perdre mon temps , oisif! Dévorer ma pensée ! — Autant m'enterrer vif!

— J'ai cependant en moi la fierté de me dire Que mon idée est vaste, et que j'y peux suffire ; Je ne m'étonne pas d'un royaume à fonder;

Je sais longtemps attendre , et vite décider ;

— Et je viens me briser ainsi , moi , contre un homme Qui n'a pas dix soldats dans sa ville de Rome ,

Et qui , calme et superbe , assis dans son fauteuil , M'impose , d'un seul mot , son immobile orgueil ! Vainement je frémis de cette servitude ; Autour de ma colère il fait la solitude , Et ma fureur s'accroît encore , de manquer D'un ennemi présent que je puisse attaquer.

Page 1