‹ Théâtre completChapitre 101 sur 146 · SCÈNE YI · texte numérisé non relu

SCÈNE YI

SARAH, BARBARA, LA PRINCESSE, LE DUC, puis RIT A.

LA PRINCESSE, redescendant le théâtre avec Sarah.

Eh bien, où vont-ils donc?

BARBARA

Encore un pari !

LA PRINCESSE

Voyons, Sarah ! vous pouvez bien parler à cœur ou^ ert devant le duc, qui sait tous nos secrets.

SARAH

Émilia, je viens d'être franche avec vous. Je le serai encore. Oui, j'ai été un peu coquette avec lui. pour vous inquiéter... pour in'amuser... 3Iais vous vous rendez, j'y renonce, soyez tranquille. Quant à votre... Flaminio. je ne souffre pas qu'on me parle de lui. Il y a quelqu'un ici... (elle regarde Rita qui est sur la porte du grand chalet) qui pourra VOUS entendre faire l'éloge de ses vertus...

FLAMINIO . 221

BARBARA

Vous devez pardonner !...

SARAH

Moi? Jamais!

RIT A, s'approchant.

Quoi donc pardonner ?

SARAH, avec hautear. ' . .

Ah ! je ne vous parle pas.

RITA

Mais, moij je vous parle, madame ! Vous avez l'air de me mépriser ! Je ne mérite pas ça, moi ; j'ai toujours été une honnête fille, comme je suis une honnête femme !

LE DUC

Eh oui ! je.sais tout. Il avait bien besoin de séduire un enfant! Un cœur si loyal! Oui, un grand cœur, trop fier, trop délicat! Vous l'avez froissé, vous l'avez méconnu... Il vous a fuie, il vous a oubliée, et il a bien fait !

La princesse remonte et descend à droite. RITA, à Sarah.

Oubliée? Non! ça n'est pas vrai, ça n'est pas possible ! Si vous saviez comme il a souffert... comme il a pleuré !... Oh! -^ il me détestait bien, allez! mais il est si bon! Jamais une plainte, jamais un mot de reproche. G'éfait comme^un père qui gronde tout doucement un enfant. Moi, j'ai compris que je lui avais fait bien du mal, et qu'il avait bien raieon de ne pas vouloir de moi. '

SARAH, élonnc'e- et jifeiidrie.

Mon Dieu ! que dit-eUe donc?

BARBARA

Elle justifie le fuite. ♦

RITA

Ah! vous avez donc cru...? Mais non, mamselle! c'était pour se faire oublier qu'il est parti comme ça... Et puis c'est par charité qu'il m'a ramenée ici ; mais il était comme fou, et il parlait tout seul... Il disait : « Oui, ils ont bien raison, je lui ferais trop de tort ! je suis un homme de rien. Qu'est-ce que

ça fait (juo je meure, si elle est. sauvée '?...» Enfin... dame ! je ne peux pas vous dire ça coiniue lui, mais j'avais bien peur, allez ! car il était comme quelqu'un qui veut se tuer ! Ah! tenez, madame, vous l'aimez encore, car voilà que vous n'êtes plus en colère et que vous pleurez ?

SARAH, l'embrassant.

Oh! mon enfant! si vous pouviez... Jure-moi que tu dis la vérité !

BARBARA

Il est le vérité ! et à présent (bas, à Sarah), il battait lui pour vous !

SARAH

Il se bat ?

On entend deux coups de pistolet. Elle jolte un cri. LA PRINCESSE.

Qu'est-ce donc? . -

RITA

Oh ! rien... Joseph est avec eux.

LE DUC, courant au fond.

Pourvu qu'il ne joue plus mon duché, grand Dieu !

LA PRINCESSE

Eh bien, Sarah !

SARAH

Courez donc!... je veux... je... je me meurs, moi !

, Elle tombe évanouie.

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