‹ Théâtre completChapitre 116 sur 146 · SCÈNE IV HERMAN, ANSELME · texte numérisé non relu

SCÈNE IV HERMAN, ANSELME

HERMAN, qui n'a pas entendu lo mot de son père. Qu'as-tu ? Comme te voilà triste !

ANSELME

Ah! Herman, ne le comprenez-vous pas?

HERMAN

Oh! d'abord, si vous ne voulez pas me tutoyer...-

ANSELME

Si fait! toi, tu as des sentiments élevés...

HEUMAN.

Eh bien, mon père ne m'en donne-t-il pas l'exemple?... vous a-t-il jamais fait sentir... ce que tu craignais tant?

ANSELME

Je n'en souffre pas moins de voir les miens à sa charge. Ce n'est pas de l'ingratitude, Herman, ne le crois pas... Mais...

HEUMAN.

Mais c'est de l'orgueil ! Ah ! mon ami, je voudrais que nous pussions changer de rôle : tu verrais si je souffre de te devoir l'hospitalité!

ANSELME

J'ai tort!... Pourtant!...

HERMAN

Pourtant, quoi?

ANSELME

Non, rien.

Il va chercher le pupitre qui est à la fenêtre, et l'apporte près de la table»

HERMAN

Parle-moi donc avec franchise, Anselme. Depuis quelques jours, tu es soucieux, tourmenté plus que de coutume; ta mère et ta sœur elles-mêmes...

ANSELME

Ma sœur... ma sœur est une enfant d'un heureux caractère, très-calme, très-insouciante.

HERMAN

Insouciante! Juliette?...

ANSELME

Mais certainement; que t'importe, d'ailleurs?

2C2 THEATRE COMPLET DE GEORGE SAXD HERMAX.

Si tu me parles sur ce ton-là!... Tu ferais mieux de m'encourager. A noire âge, on comprend la gravité de certains secrets du cœur.

ANSELME, railleur.

A notre âge, mon cher Herman, le cœur est toujours plein de gros secrets qu'on fait mieux d'*oublier que de confier; c'est plus facile, crois-moi... Voyons, veux-tu prendre ta leçon .^

Il lui doane le violon qui est sur le pupitre. HERMAN. I

Non, pas encore... Tu dis?

ANSELME

Je t'en prie, j'ai la manie du professorat, tu sais, et, puisque tu connais ma sotte fierté, tu dois comprendre que je tiens à ne pas te laisser perdre le temps en causeries inutiles. HERMAN, à part.

Ilélas ! il se méfie de moi.

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