SCÈNE PREMIÈRE FRANTZ, JULIETTE
Franlz finit d'allumer les bouilles des candélabres. Juliette arrange des fleurs dans le grand vase.
JULIETTE
Mettons surtout les fleurs qu'il aimait : mon père veut que tout soit arrangé ici comme la dernière fois...
Fiez-vous à moi. Je n'ai rien oublié.
JULIETTE
Mais mon père était seul avec lui ce jour-là, et j'espère qu'il nous permettra d'être ici : je craindrais...
' FRANTZ
Nous y serons; mais ne craignez rien, il est en ce moment plein de courage et de calme.
JULIETTE
Parce qu'il croit... Hélas! comment ferons-nous?... M. Keller ne s'oppose pas... '?
FRANTZ
A notre petite fête commémorative? Non, ma chère Juliette; mais il s'opposerait bien...
JULIETTE
Oh ! je sais. Ne me parlez pas de cela, mon bon monsieur Franlz.
FRANTZ
Pardon, ma chère enfant ! je vous ai vu toute petite... élevée avec ma nièce; je me figure que je suis, non pas votre père, vous ne pouvez pas en souhaiter un meilleur que le vôtre; mais votre oncle aussi, à vous, et qu'il y a des circonstances où je peux, où je dois vous dire... ce que je dirais à Cécile. M. Keller a une irrésolution apparente qui cache un esprit très-positif et une certaine adresse... Son fds s'abuse donc. Soyez assurée de ce que je vous dis; je ne parle jamais au hasard. Allons, excusez-moi, et venez rejoindre votre maman... à qui j'ai promis de ne pas "vous laisser seule; elle ne veut pas que vous rêviez, que vous soyez triste!
Il remonte un peu et s arrête.
JULIETTE, préoccupée et abattue.
Pourquoi serais-je triste, monsieur Frantz, si maman est contente?
F?.ANTZ.
Ah! vous devez regretter celte maison... et les amis que vous y laissez! Je ne veux pas parler de moi : j'ai trop de
chagrin... mais tous les gens d'ici vous chérissent! Allons, allons, puisqu'il le faut...
Ils vont pour sortir, Herraan entre et les arrête.