‹ Théâtre completChapitre 127 sur 146 · SCÈNE PREMIÈRE FRANTZ, JULIETTE · texte numérisé non relu

SCÈNE PREMIÈRE FRANTZ, JULIETTE

Franlz finit d'allumer les bouilles des candélabres. Juliette arrange des fleurs dans le grand vase.

JULIETTE

Mettons surtout les fleurs qu'il aimait : mon père veut que tout soit arrangé ici comme la dernière fois...

Fiez-vous à moi. Je n'ai rien oublié.

JULIETTE

Mais mon père était seul avec lui ce jour-là, et j'espère qu'il nous permettra d'être ici : je craindrais...

' FRANTZ

Nous y serons; mais ne craignez rien, il est en ce moment plein de courage et de calme.

JULIETTE

Parce qu'il croit... Hélas! comment ferons-nous?... M. Keller ne s'oppose pas... '?

FRANTZ

A notre petite fête commémorative? Non, ma chère Juliette; mais il s'opposerait bien...

JULIETTE

Oh ! je sais. Ne me parlez pas de cela, mon bon monsieur Franlz.

FRANTZ

Pardon, ma chère enfant ! je vous ai vu toute petite... élevée avec ma nièce; je me figure que je suis, non pas votre père, vous ne pouvez pas en souhaiter un meilleur que le vôtre; mais votre oncle aussi, à vous, et qu'il y a des circonstances où je peux, où je dois vous dire... ce que je dirais à Cécile. M. Keller a une irrésolution apparente qui cache un esprit très-positif et une certaine adresse... Son fds s'abuse donc. Soyez assurée de ce que je vous dis; je ne parle jamais au hasard. Allons, excusez-moi, et venez rejoindre votre maman... à qui j'ai promis de ne pas "vous laisser seule; elle ne veut pas que vous rêviez, que vous soyez triste!

Il remonte un peu et s arrête.

JULIETTE, préoccupée et abattue.

Pourquoi serais-je triste, monsieur Frantz, si maman est contente?

F?.ANTZ.

Ah! vous devez regretter celte maison... et les amis que vous y laissez! Je ne veux pas parler de moi : j'ai trop de

chagrin... mais tous les gens d'ici vous chérissent! Allons, allons, puisqu'il le faut...

Ils vont pour sortir, Herraan entre et les arrête.

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