SAR.VII
Non, monsieur, non certainement. Aucune personne juste et sensée ne vous fera un crime de cela.
FLAMIMO.
Alors... c'est donc la plaisanterie du chalet? Eh bien, oui, madame, c'était une plaisanterie du plus mauvais goût, et je serais impardonnable si j'avais su à quelle femme elle s'adressait... Mais je ne le savais pas, voilà mon excuse.
s ARA H.
En effet, vous ne le saviez pas, et, pour vous décider à me mystifier, on a dû vous dire...
FLAMINIO
Non, rien; n'accusez personne. Mettez tout sur le compte d'un manque d'esprit et d'éducation auquel on devait s'attendre de ma part. Où aurais-je acquis le savoir-vivre, le tact, le discernement? N'ai-je pas vécu au hasard, sans guide, sans conseil? N'accusez que moi, milady, cela vaudra mieux.
SARAH
Alors... que je vous juge bien ou mal,... cela vous est parfaitement indifférent?
FLAMIMO.
Oh 1 mon Dieu, un peu plus, un peu moins de mépris...
SARAH
Et, si j'étais disposée à vous estimer... davantage, vous ne diriez pas un mot, vous ne feriez ni un effort de volonté, ni un pas pour m'y encourager?
FLAMINIO, qui s'est toujours tenu près de la sortie, revenaut viveiiii'nl sur ses pas.
Ah ! milady !... j'irais au bout du monde...
II reste près lie la cheminée, envoyant entrer (îérard.
SCKNK VII Les Mkmks, GÉRARD.
GÉRARD, il Sarah, bas, après avoir salué très-légèrement Flaminio.
Pardon, si je dérange un entrelien que je ne jugeais pas devoir être si long... mais je viens vous donner un avis imporlanl pour votre gouverne : votre belle-sœur vient d'arriver; elle est là!
Il montre le second salon.
S.VRAH, voulant y courir.
Ah! j'en suis bien heureuse!
GÉRARD
Attendez! ne troublez pas un lète-à-téte ! Le duc s'est emparé d'elle au passage pour lui renouveler la demande la plus soleniiellçàient saugrenue... dans la circonstance!
SARAH
Quoi donc?
GÉRARD, bas.
Un superbe projet dont il venait justement de me faire part, et qu'on vous dira... quand vous aurez congédié ce monsieur.
SAKAH. bauf.
Mais... monsieur reste; je l'en ai prié.
(iÉRARD, bas. à Sarah.
Ah! l'explication n'est pas tniie? Il parait qu'elle est catégorique.
SARAH
Apparemment. Voyons la vôtre.
Gérard lui parle tout à fait bas.
FLAMIN'IO, à lui-même. 11 est près de la chemioée.
Est-ce (]uo je rêve?... Oui ! je suis fou. Elle se repent d'àvoir été iiijuslp... \i'À\[\ toul !
il descend à gaucbe.
F LA MIN H) ItJl
S ^ P. A II, l\ Cérard.
Et vous, vous êtes de cet avis? •■ . .
GÉRA Kl), bas.
Dame! ça vaudrait mieux sous tous les rapports que ce bohémien-là! (Examinant Flaminio.) Il est joli garçiui, dt'cidi'mentl bien mis, un peu trop bien mis!
SARAII.
Il n'a peut-être pas pu consacrer sa vie à la science de l'Iiabillement... Voici ma sœur !