‹ Théâtre complet (volume 2)Chapitre 25 sur 71 · SCENE II · texte numérisé non relu

SCENE II

FEARON

Terriblement. Les pianos, les fourrures, les diamants. Je ne sais pas ce qu'ont les gens : on dirait qu'ils trouvent une espèce de plaisir à se laisser dépouiller.

LUC

Et tu revends facilement P

FEARON

J'ai des acheteurs dans le monde entier.

LUC

Tu voyages ?

FEARON

Presque toute Tannée. Quand j'ai des perles trop connues, difficiles à placer, je vais au Japon, dans les pêcheries. Il y a là des hommes à moi qui les ressortent de la mer.

LUC

Très ingénieux.

FEARON

Pour les pianos, rien ne vaut l'Angleterre. Mais j'en ai un peu trop vendu ces temps derniers, à Londres. J'ai dû partir brusquement pour New- York. Là, le faux platine va très fort. J'ai un camarade qui l'imite à la perfection. Quand un vol a été commis, je me procure les coupures des journaux et je me présente chez les receleurs, en leur disant: « C'est moi, la voleuse. Voici la marchandise. » Ils achètent.

LUC

Tu voles I.es voleurs I

FEARON

C'est plus excitant. Les honnêtes gens sont trop mous, trop faciles. Ce n'est pas du sport.

LUC

Et tu ne t'ennuies plus jamais ?

FEARON

Presque plus. Si le spleen menace, eh bien, j'organise un petit cambriolage. C'est ça qui vous secoue ! L'autre hiver, au Mexique, j'ai arrêté une diligence, avec deux copains.

LUC

Et maintenant, d'où sors-tu ?

FEARON

Afrique.

LUC

Il y a du travail, par là ?

FEARON

En masse et de toute sorte. Matériel, mental et politique.

LUC

Tiens, la politique t'intéresse, à présent ?

Quelquefois. Le mois dernier, j'intriguais dans

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