‹ Théâtre complet (volume 2)Chapitre 45 sur 71 · SCENE VI · texte numérisé non relu

SCENE VI

I/inlérieur d'une lenle arabe. Belkaçem, un grand vieillard au profil de rapace est assis. Fearon, à genoux, fouille avec sa cravache dans un coffret plein de bijoux.

FEARON, sortant des chaînes de montres.

Look hère, Belkaçem, si tu me retrouves les montres qui étaient au bout de ces chaînes, j'offre deux mille douros pour le lot.

BELKAÇKM

Les montres, voilà des années que je ne les ai plus. Données à mes guerriers en récompense, dispersées dans les tribus.

FEARON

Alors, tout le rubbish ne vaut pas mille douros. Des boutons d'uniforme, des pommeaux de cannes, un éperon d'argent, six bagues, dont une en plomb, des khalkalls de Kabylie...

BELKAÇEM

Un collier de perles.

FEARON

Fausses ! Fausses ! Fausses ! Et tu peux me croire.

242 LE M A agi: un DE REVES

Je m'y connais. J'en fabriquais, dans le temps, à Chicago... Ça vaut neuf cents douros... même pas : huit cents douros. Si tu refuses... {elle ferme le coffrel el se lève) l'affaire est manquée. Je repars... Pourquoi ris-tu, vieux chacal ?

BELKAÇEM

Je ris de te voir si avide. Comme tu dois aimer là vie, pour courir ainsi les pistes de nos montagnes, dans le seul espoir du gain !

J'aime les affaires... pourvu qu'elles soient malhonnêtes. Mais aujourd'hui, tu peux garder tes vieilleries! {Tapant du pied.) Ce n'est vraiment pas la peine d'avoir détroussé les gens pendant trente ans, pour un pareil résultat. Le plus misérable receleur de la grande ville de Londres aurait mieux à m'offrir.

Tu remues les bras, comme font les femmes, sur le théâtre, à Oran. Mais tu sais très bien, petit cœur plein de ruse, qu'il y a là pour dix mille francs d'or et d'argent, sans compter les pierreries.

FEARON

Dix mille francs? Pas cinq cents. Pas trois cents.

BELKAÇEM

Bien. Parlons de l'autre affaire. Où sont mes fusils ?

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