‹ Théâtre complet (volume 2)Chapitre 44 sur 71 · SCENE V · texte numérisé non relu

SCENE V

JEANNINE

Mais ton travail ?

LUC

Ah î j'ai soif de bonheur, à mon tour. Je ne veux pas vivre et mourir en esclave.

JEANNINE

Sais-tu ce qui me ferait le plus de plaisir ?

LUC

Dis-le.

JEANNINE

Revoir l'Afrique, le Sud, la Source Jaune, C'est ce village, tu sais, où mes parents passaient leurs hivers.

LUC

Oui. Je me rappelle.

C'est un petit monde si étrange, avec ses maisons roses, sa poussière rose qui danse devant la dune de cuivre... On y devient comme ensorcelé. Il y a de vieux mendiants arabes qui parlent seuls au coin des rues. J'avais peur d'eux. Maman me prenait toujours dans ses bras, quand nous les dépassions. Papa disait qu'ils étaient devenus fous d'ennui.

LUC

Comme tu as changé ! Il y a quelque temps, tu ne pouvais nommer tes parents sans rougir.

JEANNINE

Oh, maintenant, je pense à eux avec douceur.

LUC

Nous irons là-bas, ma chérie. Plus loin encore, si tu veux.

JEANNINE

Je suis contente.

LUC

Se perdre avec toi dans l'espace, dans le bleu, il ne peut rien y avoir de meilleur sur cette terre !

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