SCENE VIII
teur de ces petits trains est désespérante. Et il y avait une telle réverbération sur les pierres...
Vous avez l'intention, me disiez-vous, de pousser plus loin ?
Lie
Nous voudrions faire un tour dans les montagnes.
l'officier La chasse ?
Lie Non. Nous sommes de simples promeneurs.
l'officier
Je vous donnerai deux mokhazeni, pour vous escorter.
LUC
La région est tranquille ?
Tout à fait. Naturellement, vous ne devez pas franchir la grande barrière rocheuse, à cinq étapes dici.
LUC
Nous ne dépasserons pas le Tombeau de la Chrélienne.
l'officier
Vous avez trois journées de cheval, des abris à chaque étape et là-bas, vous trouverez un caravansérail.
LUC
Le tombeau existe-t-il encore ?
l'officier On vous montrera un tumulus, à gauche de la piste. Est-ce un tombeau, j^en doute.
Il paraît, cependant, qu^une Française y est ensevelie.
l'officier, souriant.
N^en croyez rien.
LUC
Pourquoi ?
l'officier
Si jamais une Européenne eut la fantaisie de se faire enterrer là, soyez sûre qu^elle n^ a pas fait de vieux os.
LUC
Ah?
l'officier
Les Berbères, pour les vêtements... les bijoux... et aussi le plaisir de profaner une sépulture chrétienne. Jusqu'à ces dernières années, la région fut infestée de pillards.
LUC
Et que sont-ils devenus ?
l'officier Les uns ont fait leur soumission. Les autres ont émigré de l'autre côté des montagnes, avec les tri-
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bus rebelles. Mais je ne pense pas que leur résistance doive s'éterniser. Nous sommes en rapports avec Belkaçem, leur chef... Un vieux bandit qui finira sans doute chevalier de la Légion d'honneur. Que voulez-vous ? Les temps sont révolus.
Heureusement.
l'officier, se levanL
Je vais m'occuper de votre escorte... J'espère que vous me ferez l'honneur de venir prendre le thé au bureau arabe.
LUC, même jeu.
Avec plaisir.
Ah, j'y pense : je serai sans doute obligé de vous donner une compagne de route... une dame anglaise qui est depuis quelque temps dans la région. F]lle part demain pour la chasse.
LUC
Comment s'appelle-t-elle ?
l'officier Lady Sullivan.
LUC
J'en ai entendu parler.
l'officier, prenant congé.
A tantôt.
LUC
Au revoir, mon eapitaîne.
(Il se rassied. Jeannine entre de Vintérieur.)
Avec qui causais-tu ?
LUC
L'officier du bureau arabe. Il paraît que Fearon est ici.
JEANNINE
Ta voleuse ?
LUC
Oui. Je la savais dans le Sud. Nous ferons route avec elle. Cela ne te contrarie pas ?
JEANNINE
Non. Je suis curieuse de la connaître.
LUC
Tu es reposée ?
JEANNINE
Oui, tout à fait... Tu sais que je reconnais parfaitement l'endroit ? L'auberge existait déjà, quand nous y sommes passés. Mes parents ont pris leur thé, là où tu étais assis. Cela sentait le musc et l'huile frite... comme à présent... Le même soleil jaune sur la table... Le même petit souffle d'air, à la môme heure...
{Ici, Fearon entre du dehors, en amazone de coutil.)